Il faut avoir ces trois pensées toujours présentes à l’esprit …
En ce qui concerne tes actions, qu’elles ne soient point exécutées au hasard, ni autrement que ne les eût accomplies la justice elle-même. Quant aux événements extérieurs, pense qu’ils sont dus, soit au hasard, soit à la Providence, et qu’il ne faut, ni blâmer le hasard ni accuser la Providence.
Deuxièmement. Songe à ce que devient chaque homme depuis la conception jusqu’à l’animation, et depuis ce moment jusqu’à ce qu’il ait rendu l’âme. De quels éléments se compose-t-il ; en quels éléments se résoudra-t-il ?
Troisièmement. Suppose que, subitement élevé dans les airs, de là-haut tu contemples les choses humaines et leur mobilité, comme tu les mépriserais en voyant en même temps l’immense étendue où demeurent les habitants de l’air et des régions éthérées ! Et, chaque fois que tu t’élèverais, tu reverrais les mêmes choses, leur uniformité, leur courte durée. Est-ce là un sujet d’orgueil ?
