Je pense donc je suis
Citations philosophiques pour une constrution de vie…..Archive pour avril 1, 2008
Pensée VIII, IX
VIII. Devant chacune des choses qui te divertissent, qui servent à tes besoins, ou que tu aimes, n’oublie pas de te dire en toi-même ce qu’elle est véritablement. Commence par les plus petites. Si tu aimes un pot de terre, dis-toi que tu aimes un pot de terre ; et, s’il se casse, tu n’en seras point troublé. Si tu aimes ton fils ou ta femme, dis-toi à toi-même que tu aimes un être mortel ; et s’il vient à mourir, tu n’en seras point troublé.
IX. quand tu es sur le point d’entreprendre une chose, mets-toi bien dans l’esprit ce qu’est la chose que tu vas faire. Si tu vas te baigner, représente-toi ce qui se passe d’ordinaire dans les bains publics, qu’on s’y jette de l’eau, qu’on s’y pousse, qu’on y dit des injures, qu’on y vole. Tu iras ensuite plus sûrement à ce que tu veux faire, si tu te dis auparavant : « Je veux me baigner, mais je veux aussi conserver ma liberté et mon indépendance, véritable apanage de ma nature. » Et de même sur chaque chose qui arrivera. Car, de cette manière, si quelque obstacle t’empêche de te baigner, tu auras cette réflexion toute prête : « Je ne voulais pas seulement me baigner, mais je voulais aussi conserver ma liberté et mon indépendance ; et je ne les conserverais point, si je me fâchais. »
Pensée VII
VII. Souviens-toi que la fin de tes désirs, c’est d’obtenir ce que tu désires, et que la fin de tes craintes, c’est d’éviter ce que tu crains. Celui qui n’obtient pas ce qu’il désire est malheureux, et celui qui tombe dans ce qu’il craint est misérable. Si tu n’as donc de l’aversion que pour ce qui est contraire à ton véritable bien, et qui dépend de toi, tu ne tomberas jamais dans ce que tu crains. Mais si tu crains la mort, la maladie ou la pauvreté, tu seras misérable. Transporte donc tes craintes, et fais-les tomber des choses qui ne dépendent point de nous, sur celles qui en dépendent ; et, pour tes désirs, supprime-les entièrement pour le moment. Car, si tu désires quelqu’une des choses qui ne sont pas en notre pouvoir, tu seras nécessairement malheureux ; et, pour les choses qui sont en notre pouvoir, tu n’es pas encore en état de connaître celles qu’il est bon de désirer. En attendant donc que tu le sois, contente-toi de rechercher ou de fuir les choses, mais doucement, toujours avec des réserves, et sans te hâter.
Pensée V, VI
V. Aspirant donc à de si grands biens, souviens-toi que tu ne dois pas travailler médiocrement pour les acquérir, et que, en ce qui concerne les choses extérieures, tu dois entièrement renoncer aux unes, et remettre les autres à un autre temps. Car si tu cherches à les accorder ensemble, et que tu poursuives et ces véritables biens et les richesses et les dignités, peut-être n’obtiendras-tu même pas ces dernières, pour avoir désiré les autres ; mais certainement tu manqueras d’acquérir les biens qui peuvent seuls faire ta liberté et ton bonheur.
VI. Ainsi, devant toute imagination pénible, sois prêt à dire : « Tu n’es qu’une imagination, et nullement ce que tu parais. » Ensuite, examine-la bien, approfondis-la, et, pour la sonder, sers-toi des règles que tu as apprises, surtout de la première, qui est de savoir si la chose qui te fait de la peine est du nombre de celles qui dépendent de nous, ou de celles qui n’en dépendent pas ; et, si elle est du nombre de celles qui ne sont pas en notre pouvoir, dis-toi sans balancer : « Cela ne me regarde pas. »
Le principe du plaisir
La théorie psychanalytique admet sans réserves que l’évolution des processus psychiques est régie par le principe du plaisir. Autrement dit, nous croyons, en tant que psychanalystes, qu’elle est déclenchée chaque fois par une tension désagréable ou pénible et qu’elle s’effectue de façon à aboutir à une diminution de cette tension, c’est-à-dire à la substitution d’un état agréable à un état pénible.
Cela équivaut à dire que nous introduisons, dans la considération des processus psychiques que nous étudions, le point de vue économique, et nous pensons qu’une description qui tient compte, en même temps que du côté topique et dynamique des processus psychiques, du facteur économique, représente la description la plus complète à laquelle nous puissions prétendre actuellement et mérite d’être qualifiée de métapsychologique.
Peu nous importe de savoir si, en établissant le principe du plaisir, nous nous rapprochons de tel ou tel système philosophique déterminé, consacré par l’histoire. C’est en cherchant à décrire et à expliquer les faits de notre observation journalière que nous en arrivons à formuler de pareilles hypothèses spéculatives.
Nous ne visons, dans notre travail psychanalytique, ni à la priorité ni à l’originalité et, d’autre part, les raisons qui nous incitent à poser le principe en question sont tellement évidentes qu’il n’est guère possible de ne pas les apercevoir. Nous dirons cependant que nous ne marchanderions pas notre gratitude à toute théorie philosophique ou psychologique qui saurait nous dire ce que signifient exactement les sensations de plaisir et de déplaisir qui exercent sur nous une action si impérative.
Il s’agit là de la région la plus obscure et la plus inaccessible de la vie psychique et, comme nous ne pouvons pas nous soustraire à son appel, nous pensons que ce que nous pouvons faire de mieux, c’est de formuler à son sujet une hypothèse aussi vague et générale que possible. Aussi nous sommes-nous décidés à établir entre le plaisir et le déplaisir, d’une part, la quantité d’énergie (non liée) que comporte la vie psychique, d’autre part, certains rapports, en admettant que le déplaisir correspond à une augmentation, le plaisir à une diminution de cette quantité d’énergie.
Ces rapports, nous ne les concevons pas sous la forme d’une simple corrélation entre l’intensité des sensations et les modifications auxquelles on les rattache, et encore moins pensons-nous (car toutes nos expériences de psycho-physiologie s’y opposent) à la proportionnalité directe ; il est probable que ce qui constitue le facteur décisif de la sensation, c’est le degré de diminution ou d’augmentation de la quantité d’énergie dans une fraction de temps donnée. Sous ce rapport, l’expérience pourrait nous fournir des données utiles, mais le psychanalyste doit se garder de se risquer dans ces problèmes, tant qu’il n’aura pas à sa disposition des observations certaines et définies, susceptibles de le guider.
Nous ne pouvons cependant pas demeurer indifférents devant le fait qu’un savant aussi pénétrant que G. Th. Fechner concevait le plaisir et le déplaisir d’une manière qui, dans ses traits essentiels, se rapproche de celle qui se dégage de nos recherches psychanalytiques. Dans son opuscule : Einige Ideen zur Schöpfungs- und Entwicklungsgeschichte der Organismen (1873, Section XI, appendice, p. 94) il a formulé sa conception de la manière suivante : « Étant donné que les impulsions conscientes sont toujours accompagnées de plaisir ou de déplaisir, nous pouvons fort bien admettre qu’il existe également des rapports psycho-physiques entre le plaisir et le déplaisir, d’une part, et des états de stabilité et d’instabilité, d’autre part, et nous prévaloir de ces rapports en faveur de l’hypothèse que nous développerons ailleurs, à savoir que tout mouvement psychophysique dépassant le seuil de la conscience est accompagné de plaisir pour autant qu’il se rapproche de la stabilité complète, au-delà d’une certaine limite, et est accompagné de déplaisir pour autant qu’il se rapproche de l’instabilité complète, toujours au-delà d’une certaine limite, une certaine zone d’indifférence esthésique existant entre les deux limites, qui peuvent être considérées comme les seuls qualificatifs du plaisir et du déplaisir… »
Les faits qui nous font assigner au principe du plaisir un rôle dominant dans la vie psychique trouvent leur expression dans l’hypothèse d’après laquelle l’appareil psychique aurait une tendance à maintenir à un étiage aussi bas que possible ou, tout au moins, à un niveau aussi constant que possible la quantité d’excitation qu’il contient. C’est le principe du plaisir formulé dans des termes un peu différents, car, si l’appareil psychique cherche à maintenir sa quantité d’excitation à un niveau aussi bas que possible, il en résulte que tout ce qui est susceptible d’augmenter cette quantité ne peut être éprouvé que comme anti-fonctionnel, c’est-à-dire comme une sensation désagréable.
Le principe du plaisir se laisse ainsi déduire du principe de la constance ; en réalité, le principe de la constance lui-même nous a été révélé par les faits mêmes qui nous ont imposé le principe du plaisir. La discussion ultérieure nous montrera que la tendance de l’appareil psychique, dont il s’agit ici, représente un cas spécial du principe de Fechner, c’est-à-dire de la tendance à la stabilité à laquelle il rattache les sensations de plaisir et de déplaisir.
Mais est-il bien exact de parler du rôle prédominant du principe du plaisir dans l’évolution des processus psychiques? S’il en était ainsi, l’énorme majorité de nos processus psychiques devraient être accompagnés de plaisir ou conduire au plaisir, alors que la plupart de nos expériences sont en contradiction flagrante avec cette conclusion. Aussi sommes-nous obligés d’admettre qu’une forte tendance à se conformer au principe du plaisir est inhérente à l’âme, mais que certaines forces et circonstances s’opposent à cette tendance, si bien que le résultat final peut bien n’être pas toujours conforme au principe du plaisir.
Voici ce que dit à ce propos Fechner 1 : « Mais la tendance au but ne signifie pas toujours la réalisation du but, cette réalisation ne pouvant, en général, s’opérer que par des approximations. » En abordant la question de savoir quelles sont les circonstances susceptibles d’empêcher la réalisation du principe du plaisir, nous nous retrouvons sur un terrain sûr et connu et pouvons faire un large appel à nos expériences psychanalytiques.
Le premier obstacle auquel se heurte le principe du plaisir nous est connu depuis longtemps comme un obstacle pour ainsi dire normal et régulier. Nous savons notamment que notre appareil psychique cherche tout naturellement, et en vertu de sa constitution même, à se conformer au principe du plaisir, mais qu’en présence des difficultés ayant leur source dans le monde extérieur, son affirmation pure et simple, et en toutes circonstances, se révèle comme impossible, comme dangereuse même pour la conservation de l’organisme.
Sous l’influence de l’instinct de conservation du moi, le principe du plaisir s’efface et cède la place au principe de la réalité qui fait que, sans renoncer au but final que constitue le plaisir, nous consentons à en différer la réalisation, à ne pas profiter de certaines possibilités qui s’offrent à nous de hâter celle-ci, à supporter même, à la faveur du long détour que nous empruntons pour arriver au plaisir, un déplaisir momentané.
Les impulsions sexuelles cependant, plus difficilement « éducables », continuent encore pendant longtemps à se conformer uniquement au principe du plaisir, et il arrive souvent que celui-ci, se manifestant d’une façon exclusive soit dans la vie sexuelle, soit dans le moi lui-même, finit par l’emporter totalement sur le principe de la réalité, et cela pour le plus grand dommage de l’organisme tout entier.
Il est cependant incontestable que la substitution du principe de la réalité au principe du plaisir n’explique qu’une petite partie de nos sensations pénibles et seulement les sensations les moins intenses. Une autre source, non moins régulière, de sensations désagréables et pénibles est représentée par les conflits et les divisions qui se produisent dans la vie psychique, à l’époque où le moi accomplit son évolution vers des organisations plus élevées et plus cohérentes. On peut dire que presque toute l’énergie dont dispose l’appareil psychique provient des impulsions qui lui sont congénitalement inhérentes, mais il n’est pas donné à toutes ces impulsions d’atteindre le même degré d’évolution. Il se trouve, au cours de celle-ci, que certaines impulsions ou certains côtés de certaines impulsions se montrent incompatibles, quant à leurs fins et à leurs tendances, avec les autres, c’est-à-dire avec celles dont la réunion, la synthèse doit former la personnalité complète, achevée.
À la faveur du refoulement, ces tendances se trouvent éliminées de l’ensemble, ne sont pas admises à participer à la synthèse, sont maintenues à des niveaux inférieurs de l’évolution psychique, se voient tout d’abord refuser toute possibilité de satisfaction. Mais elles réussissent quelquefois (et c’est le plus souvent le cas des impulsions sexuelles refoulées) à obtenir malgré tout une satisfaction, soit directe, soit substitutive : il arrive alors que cette éventualité qui, dans d’autres circonstances, serait une source de plaisir, devient pour l’organisme une source de déplaisirs.
A la suite de l’ancien conflit qui avait abouti au refoulement, le principe du plaisir cherche à s’affirmer de nouveau par des voies détournées, pendant que certaines impulsions s’efforcent précisément à le faire triompher à leur profit, en attirant vers elles la plus grande somme de plaisir possible. Les détails du processus à la faveur duquel le refoulement transforme une possibilité de plaisir en une source de déplaisir ne sont pas encore bien compris ou ne se laissent pas encore décrire avec une clarté suffisante, mais il est certain que toute sensation de déplaisir, de nature névrotique, n’est au fond qu’un plaisir qui n’est pas éprouvé comme tel.
Nous sommes loin d’avoir épuisé toutes les sources de la plupart de nos expériences psychiques désagréables ou pénibles, mais s’il en existe d’autres, nous pouvons, non sans quelque apparence de raison, admettre que leur existence n’infirme en rien la prédominance du principe du plaisir. La plupart des sensations pénibles que nous éprouvons sont occasionnées, en effet, soit par la pression exercée par des impulsions insatisfaites, soit par des facteurs extérieurs, qui tantôt éveillent en nous des sensations désagréables en soi, tantôt font surgir dans notre appareil psychique des attentes pénibles, une sensation de « danger ».
La réaction à cette pression des impulsions insatisfaites et à ces menaces de danger, réaction par laquelle s’exprime l’activité propre de l’appareil psychique, peut fort bien s’effectuer sous l’influence du principe du plaisir, soit tel quel, soit modifié par le principe de la réalité. Il ne semble donc pas nécessaire d’admettre une nouvelle limitation du principe du plaisir, et cependant l’examen des réactions psychiques au danger extérieur est de nature à nous fournir de nouveaux matériaux et de nous révéler de nouvelles manières de poser des questions, en rapport avec le problème qui nous intéresse.
Associez les souvenirs
Associez également vos souvenirs chaque fois qu’il sera possible de le faire. C’est ainsi qu’un examen microscopique sera toujours accompagné d’une courte description et d’un croquis qui seront ensuite comparés aux données d’un ouvrage adéquat.Les mathématiques, qu’elles soient « anciennes » ou « modernes », seront abordées sous l’angle de la recherche et de la découverte, et, bien entendu, ne serontpas limitées à la seule étude du manuel. En ce qui concerne le premier point, vous atténuerez grandement leur aspect apparemment aprioritique et parfois déplaisant oudifficile en considérant les théorèmes comme des problèmes qu’il faut résoudre, et, pour le second point, en ayant constamment recours aux vérifications concrètes etaux applications pratiques.
Ainsi, l’étude des aires ou des volumes sera accompagnée de levée de plans et de mesures de vases. En algèbre, les représentations graphiques, tout particulièrement’ dans l’étude des fonctions, joueront un rôle primordial.
La notation différentielle et le calcul intégral trouveront de nombreuses applications en physique, en mécanique et en chimie. D’autre part, en mathématiques « modernes », les enfants peuvent, dès leur plus jeune âge, s’initier par exemple à la théorie des ensembles avec des pions, des cordelettes de diverses couleurs, des réglettes emboîtables et des puzzles.En définitive, la pratique des mathématiques doit être essentiellement une activité vivante. Les connaissances en physique et en chimie ne seront solides que si elles sontsoutenues par des expériences et par des exercices numériques.
Même livré à vous-même, vous pouvez monter un petit laboratoire de physique et de chimie qui vous permettra de réaliser de nombreuses expériences que vous confronterez avec les données livresques.
La joie d’apprendre, l’esprit d’initiative, voire de créativité seront ainsi considérablement stimulés. En outre, pour assimiler parfaitement les leçons qui sont faites en classe, rien de tel que de résoudre des problèmes de physique et de chimie.A cet effet, vous utiliserez avec profit des recueils de problèmes avec leurs solutions. Mais, en l’occurrence, disons immédiatement que ces ouvrages peuventêtre inutiles s’ils sont mal employés. Ils manqueraient en effet complètement leur but s’ils n’étaient lus qu’en vue d’être compris car ils donneraient l’illusion d’une facilité trompeuse en offrant une nourriture toute digérée.
Vous devez d’abord ignorer les solutions et n’en prendre connaissance qu’après avoir tenté de résoudre les problèmes par ses propres moyens. Et alors vous verrez si les résultats obtenus sont exacts et si l’on a appliqué de bonnes méthodes.En sciences naturelles, il vous sera facile d’herboriser, de constituer une collection d’insectes et de roches, de disséquer de petits animaux. Il existe des livres spéciaux qui vous guideront utilement dans ces travaux et ces recherches.Notons ici que les disciplines d’enseignement désignées naguère encore sous les noms de zoologie, de botanique, de géologie, etc., s’effacent aujourd’hui devantl’écologie, l’éthologie, la psychophysiologie, la biologie, la biologie fondamentale, la génétique, etc.Et il ne faudrait pas croire que cette mutation est purement verbale. Elle exprime le prodigieux bond effectué actuellement par les sciences de la nature, notamment dans les biotechnologies, si prodigieux même que certains ont pu dire que vous entrons dans l’« ère biologique ».II s’ensuit que l’enseignement des sciences naturelles réunit une exceptionnelle étendue de moyens éducatifs et il est indispensable que son incomparable valeur culturelle, sa spécificité, sa perspective humaniste soient affirmées et mises à profit à tous les niveaux de la scolarité.
Établissez des associations multiples
Le rappel mnémonique se faisant de proche en proche à travers un réseau d’associations multiples, qui vont du connu aux images mnésiques, un souvenir sera d’autant plus stable et d’autant plus facile à ramener à la conscience qu’il a plus de relations avec d’autres souvenirs.
C’est ainsi que le souvenir des mots est généralement excellent parce qu’il est habituellement enraciné dans quatre mémoires différentes qui ont été mises enévidence par la maladie qui peut supprimer l’une sans atteindre les trois autres: la mémoire auditive, la mémoire visuelle, la mémoire graphique et la mémoire d’articulation.
Cette remarque conduit immédiatement à cette application pratique: pour retenir un mot ou une formule scientifique difficiles, il faut les écrire et les prononcer à haute voix tout en s’écoutant parler.
D’autre part, vous déterminera par l’observation et l’expérience si, au point de vue mnémonique, l’on est «auditif», « visuel» ou « moteur ».
Soit, par exemple, à retenir un mot un peu difficile: Rabindranath. Si, à cet effet, vous éprouvez le besoin de l’entendre prononcer, c’est que vous êtes surtout un « auditif ». Si vous êtes obligéde l’écrire, c’est que vous possèdez une mémoire «visuelle et motrice». Si vous vous le représentez nettement en votre esprit, c’est que vous êtes essentiellement un «visuel ».
Remarquez au passage que ces types de mémoire sont plutôt des types schématiques et approximatifs que l’expérience rigoureuse de la réalité. En fait, la mémoire de chacun de nous est à la fois auditive, visuelle et motrice.
Chez un individu normal, si médiocre que soit par exemple la mémoire visuelle, elle sera toujours suffisante pour lui permettre de se rappeler la physionomie de ses parents; ou si faible que soit sa mémoire motrice, elle lui permettra toujours de se souvenir des mouvements nécessaires pour marcher ou pour écrire.
Il ne faut donc pas vouloir rencontrer dans la vie des esprits qui réalisent complètement et uniquement l’une ou l’autre des différentes formes de mémoire que vous venez de distinguer.
La mémoire appartient à la fois aux divers types mais il reste vrai que la plupart des mémoires se rattachent à l’une plus qu’à l’autre.
En tout cas, la forme de mémoire qui prédomine en vous étant définie, vous vous efforcerez de développer votre mémoire dans le sens qui lui est favorable tout en lui associant les autres formes de souvenir.
Vous n’en retirerez que des avantages.En effet, si, évoquant un objet ou un fait, vous vous remémorez avec promptitude et netteté son image visuelle, la reviviscence aisée de cette dernière, en même temps que très avantageuse en soi, sera d’une utilité d’autant plus grande quevous aura eu soin d’y rattacher préalablement, grâce à des associations répétées, lesimages auditives et motrices: celles-ci réapparaîtront en même temps que l’image dominante.
Autrement dit, en cultivant à la fois votre mémoire visuelle et les autres formes de mémoire, vous rendrez votre mémoire en général plus facile et plus riche,puisque, dans tel ou tel cas, un souvenir, par exemple auditif, viendra suppléer un souvenir visuel défaillant, le fortifiera s’il est faible, le complétera s’il est incomplet:bref, vous vous rappellerez mieux les choses, d’une façon plus exacte et plusi ntégrale, si vous pouvez disposer de plusieurs espèces de mémoire au lieu d’une.
En outre, puisque c’est la multiplicité des sensations qui facilite le travail de la mémoire, vous vous efforcerez d’en augmenter le nombre.
Lorsque vous aurez, par exemple, à apprendre un morceau de poésie, vous chercherez les intonations les meilleures, les plus variées, les plus justes afin d’impressionner, par une grande diversité de sensations, votre ouie et vos organes vocaux.
Si vous copiez un texte,vous ferez des accolades, des coupures, des changements d’écriture et d’encre en rapport avec le sens du sujet. Et, dans tous les cas, si vous avez déterminé votre typede mémoire, vous insisterez sur la sensation que vous retenez le mieux.
Desiderata
Va, reste calme au milieu du bruit et de l’impatience et
souviens-toi de la paix qui découle du silence.
Si tu le peux, mais sans renoncement, sois en bons termes
avec tout le monde; dis ce que tu penses, clairement,
simplement; et écoute les autres, même les sots et les
ignorants, car eux aussi ont quelque chose à dire.
Évite les gens grossiers et violents car ils ne sont que
tourments pour l’esprit. Si tu te compares aux autres tu
pourras devenir vaniteux ou amer; mais sache qu’ici-bas,
il y aura toujours quelqu’un de plus grand ou de plus petit
que toi.
Sois fier de ce que tu as fait et de ce que tu veux faire.
Aime ton métier, même s’il est humble; c’est un bien précieux
en notre époque troublée. Sois prudent dans le monde des
affaires, car on pourrait te jouer de vilains tours. Mais
que ceci ne te rende pas aveugle; bien des gens luttent pour
un idéal et partout sur la terre on meurt pour ce que l’on
croit.
Sois toi-même, surtout dans tes affections. Fuis le cynisme
en amour car il est un signe de sécheresse du coeur et de
désenchantement.
Que l’âge t’apporte la sagesse et te donne la joie d’avoir
des jeunes autour de toi. Sois fort pour faire face aux
malheurs de la vie; mais ne te détruis pas avec ton
imagination; bien des peurs prennent naissance dans la
fatigue et la solitude. Et, malgré la discipline que tu
t’imposes, sois bon envers toi-même.
Tu es un enfant de l’univers, tout comme les arbres et les
étoiles et tu as le droit d’être ici; et même si cela n’est
pas clair en toi, tu dois être sûr que tout se passe dans
l’univers comme c’est écrit. Par conséquent, sois en paix
avec ton Dieu quelle que soit en toi son image, et à travers
ton travail et tes aspirations, au milieu de la confusion
de la vie, sois en paix avec ton âme.
Dis-toi qu’en dépit de ses faussetés, de ses ingratitudes,
de ses rêves brisés, le monde est tout de même merveilleux.
Sois prudent. Et tâche d’être heureux.
(Traduction d’un texte gravé sur l’église Saint-Paul de
Baltimore.)
“Exige beaucoup de toi-même et attends peu des autres.
Ainsi beaucoup d’ennuis te seront épargnés.”
Confucius
Leçon de vie
Un jour, un vieux professeur de l’École Nationale d’Administration
Publique (ENAP) fut engagé pour donner une formation sur la
planification efficace de son temps à un groupe d’une quinzaine de
dirigeants de grosses compagnies nord-américaines.
Ce cours constituait l’un des 5 ateliers de leur journée de
formation. Le vieux prof n’avait donc qu’une heure pour “faire
passer sa matière “.
Debout, devant ce groupe d’élite (qui était prêt à noter tout
ce que l’expert allait lui enseigner), le vieux prof les regarda
un par un, lentement, puis leur dit : “Nous allons réaliser une
expérience”.
De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof
sortit un immense pot de verre de plus de 4 litres qu’il posa
délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine
de cailloux a peu près gros comme des balles de tennis et les plaça
délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut
rempli jusqu’au bord et qu’il fut impossible d’y ajouter un caillou
de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda :
“Est-ce que ce pot est plein?”.
Tous répondirent : “Oui”.
Il attendit quelques secondes et ajouta : “Vraiment ?”.
Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un
récipient rempli de gravier. A
vec minutie, il versa ce gravier sur
les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de
gravier s’infiltrèrent entre les cailloux… jusqu’au fond du pot.
Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et
réitéra sa question :
“Est-ce que ce pot est plein?”. Cette fois, ses brillants élèves
commençaient à comprendre son manège.
L’un d’eux répondît: “Probablement pas !”.
“Bien !” répondît le vieux prof.
Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table
un sac de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot.
Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le
gravier. Encore une fois, il redemanda : “Est-ce que ce pot
est plein ?”.
Cette fois, sans hésiter et en choeur, les brillants élèves
répondirent :
“Non!”.
“Bien!” répondît le vieux prof.
Et comme s’y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le
pichet d’eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu’a ras
bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda :
“Quelle grande vérité nous démontre cette expérience? “
Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce
cours, répondît : “Cela démontre que même lorsque l’on croit que
notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment,
on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire “.
“Non” répondît le vieux prof. “Ce n’est pas cela. La grande
vérité que nous démontre cette expérience est la suivante :
“Si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot,
on ne pourra jamais les faire entrer tous, ensuite”.
Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de
l’évidence de ces propos.
Le vieux prof leur dit alors : “Quels sont les gros cailloux
dans votre vie ?”
“Votre santé ?”
“Votre famille ?”
“Vos ami(e)s ?”
“Réaliser vos rêves ?”
“Faire ce que vous aimez ?”
“Apprendre ?”
“Défendre une cause ?”
“Vous relaxer ?”
“Prendre le temps… ?”
“Ou… tout autre chose ?”
“Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mettre ses GROS
CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas
réussir… sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier,
le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n’aura plus
suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants
de sa vie.
Alors, n’oubliez pas de vous poser à vous-même, David, la
question :
“Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie?”
Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (vie)”
D’un geste amical de la main, le vieux professeur salua son
auditoire et quitta lentement la salle.
La jarre abîmée
Un porteur d’eau indien avait deux grandes jarres, suspendues
aux 2 extrémités d’une pièce de bois qui épousait la forme de ses
épaules.
L’une des jarres avait un éclat, et, alors que l’autre jarre
conservait parfaitement toute son eau de source jusqu’à la maison
du maître, l’autre jarre perdait presque la moitié de sa précieuse
cargaison en cours de route.
Cela dura 2 ans, pendant lesquels, chaque jour, le porteur d’eau
ne livrait qu’une jarre et demi d’eau à chacun de ses voyages.
Bien sûr, la jarre parfaite était fière d’elle, puisqu’elle
parvenait à remplir sa fonction du début à la fin sans faille.
Mais la jarre abîmée avait honte de son imperfection et se
sentait déprimée parce qu’elle ne parvenait à accomplir que la
moitié de ce dont elle était censée être capable.
Au bout de 2 ans de ce qu’elle considérait comme un échec
permanent, la jarre endommagée s’adressa au porteur d’eau,
au moment où celui-ci la remplissait à la source.
“Je me sens coupable, et je te prie de m’excuser.”
“Pourquoi ?” demanda le porteur d’eau. “De quoi as-tu honte ?”
“Je n’ai réussi qu’à porter la moitié de ma cargaison d’eau
à notre maître, pendant ces 2 ans, à cause de cet éclat qui
fait fuire l’eau. Par ma faute, tu fais tous ces efforts, et,
à la fin, tu ne livres à notre maître que la moitié de l’eau.
Tu n’obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts”,
lui dit la jarre abîmée.
Le porteur d’eau fut touché par cette confession, et, plein
de compassion, répondit: “Pemndant que nous retournons à
la maison du maître, je veux que tu regardes les fleurs
magnifiques qu’il y a au bord du chemin”.
Au fur et à mesure de leur montée sur le chemin, au long
de la colline, la vieille jarre vit de magnifiques fleurs
baignées de soleil sur les bords du chemin, et cela lui mit
du baume au coeur. Mais à la fin du parcours, elle se sentait
toujours aussi mal parce qu’elle avait encore perdu la moitié
de son eau.
Le porteur d’eau dit à la jarre “T’es-tu rendu compte qu’il
n’y avait de belles fleurs que de TON côté, et presque aucune
du côté de la jarre parfaite? C’est parce que j’ai toujours su
que tu perdais de l’eau, et j’en ai tiré parti.
J’ai planté des semences de fleurs de ton coté du chemin, et,
chaque jour, tu les as arrosées tout au long du chemin.
Pendant 2 ans, j’ai pu grâce à toi cueillir de magnifiques
fleurs qui ont décoré la table du maître. Sans toi, jamais
je n’aurais pu trouver des fleurs aussi fraîches et gracieuses.”
Morale de l’histoire: Nous avons tous des éclats, des blessures,
des défauts. Nous sommes tous des jarres abîmées.
Certains d’entre nous sont diminués par la vieillesse, d’autres
ne brillent pas par leur intelligence, d’autres trop grands, trop
gros ou trop maigres, certains sont chauves, d’autres sont diminués
physiquement, mais ce sont les éclats, les défauts en nous
qui rendent nos vies intéressantes et exaltantes.
Ilvaut mieux prendre les autres tels qu’ils sont, et voir ce qu’il
y a de bien et de bon en eux. Il y a beaucoup de positif partout.
Il y a beaucoup de bon en vous.
Ceux qui sont flexibles ont la chance de ne pas pouvoir être
déformés. Souvenez-vous d’apprécier tous les gens si différents
qui peuplent votre vie ! Sans eux, la vie serait bien triste.
Merci d’apprécier amicalement mes imperfections – et, plus
important pour vous – d’apprendre à aimer les vôtres.
Méthode fragmentaire et méthode globale
Lorsqu’il s’agit d’apprendre littéralement un morceau de prose ou de poésie vous pouvez utiliser la méthode fragmentaire ou la méthode globale.
Dans le premier cas, vous apprendrez le texte par petits fragments. Ainsi,vous lisez les deux ou trois premiers vers d’une poésie, vous les relisez, et, ensuite,vous vous efforcez de les répéter sans regarder le texte et vous revenez sans cesse sur ces deux ou trois vers jusqu’à ce qu’ils soient sus. La méthode globale consiste à lire le morceau tout entier et à chercher à leretenir comme un tout.
Après une lecture, ou, de préférence, après quelques lectures totales vous faites un essai de répétition puis vous revenez à la lecture du texte. Ensuite, sans vous préoccuper de l’oubli que vous avez pu faire en répétant de mémoire, vous effectuez encore une lecture globale, c’est-à-dire entière d’un bout à l’autre du texte.« Il n’est pas besoin de dire, écrit Alfred Binet, que cette méthode globale est contraire à votre instinct car elle exige beaucoup plus d’attention que l’autre.
Lorsqu’on répète par groupes de deux ou trois vers, vous pouvez faire le travail machinalement, vous cherchez alors à retenir la sonorité de la phrase, comme une musique qui impressionne l’oreille intérieure; mais si vous s’astreint à tout lire il est impossible de retenir le son, car cette musique dénuée de sens est très courte, elles’éteint tout de suite comme un écho; il faut alors fixer autrement son attention, la faire pénétrer plus avant jusqu’au sens, jusqu’aux idées du morceau.
C’est ce petit effort supplémentaire qui vous déplaît, car vous êtes singulièrement ménagers de votre attention. Or, l’expérience a appris que la méthode globale, malgré son caractère rébarbatif, est nettement supérieure à l’autre pour la conservation des souvenirs; elle permet d’apprendre un peu plus vite, et, surtout, ce qui est important,elle assure une conservation plus longue et plus fidèle.
Ainsi, un sujet, au bout de deux ans, pouvait encore réciter 23 p. 100 des morceaux appris par la méthode globale, et rien que 12 p. 100 des morceaux analogues appris par la méthode fragmentaire.
Nous croyons que la supériorité de la méthode globale tient à beaucoup de petites causes, mais, la principale, à votre avis, c’est qu’elle utilise la mémoire desidées, tandis que par l’autre méthode vous ne fait intervenir que la mémoire sensorielle des mots. »En fait, cette conclusion de l’éminent directeur du Laboratoire de Psychologie à la Sorbonne est un peu trop absolue car vous pouvez, en utilisant la méthode fragmentaire, saisir le sens global du texte: il suffit de lire d’abord celui-ci en entier.
En tout cas, du point de vue pratique, l’expérience vous a montré que la méthode fragmentaire, qui sollicite un effort d’attention moindre que la méthode globale, convient particulièrement aux jeunes élèves, et que cette dernière doit être de préférence utilisée par les étudiants et les adultes à condition toutefois que leur faculté d’attention soit intacte.
Mais, dans les périodes de fatigue, où le pouvoir d’attention est émoussé, les étudiants et les adultes auront intérêt à employer la première méthode.