Bien que cette règle soit évidente, il convient néanmoins de la signaler.
On peut l’exprimer ainsi: La reviviscence d’une image est d’autant plus facile
que cette image rencontre moins d’états antagonistes dans la conscience au moment
où elle doit y apparaître.
Ainsi, lorsque vous cherchez à vous rappeler un souvenir qui ne vous revient
pas immédiatement à l’esprit, il vous arrive de fermer les yeux afin de supprimer
toutes les sensations visuelles qui pourraient s’opposer à l’évocation de l’image; de
même, si vous voulez écrire, vous fuyez les conversations, parce que, pour écrire un
mot, il faut d’abord en évoquer l’image dans votre esprit et que cette évocation sera
difficile si, au même moment, vous entendez quelqu’un prononcer des mots
différents.
Il s’ensuit que pour fixer un fait dans votre mémoire ou pour vous le
remémorer, il convient de chercher, sinon la solitude, tout au moins le calme et le
silence. Sinon, il faut une grande force d’attention pour vous abstraire du milieu ce
qui entraîne une fatigue supplémentaire qui s’ajoute à la fatigue causée par le travail
de mémorisation.
Au cas où vous seriez absolument obligé de travailler mentalement dans le
bruit, vous pouvez vous obstruer les conduits auditifs à l’aide de tampons. Ils gênent
parfois dans les premiers temps de leur utilisation, mais, au bout de quelques jours,
vous y êtes si bien accoutumé qu’il est difficile de vous en passer même en l’absence
de bruit.