L’indigestion de Shiosuy‏

Shiosuy s'était retiré du monastère pour trouver la paix 
dans la méditation. Les autres moines l'empêchait de se 
concentrer. 
  
Il s'agenouilla sous un saule, au bord de la rivière. 
Mais bientôt les « flic-floc » des poissons gobant les 
mouches à la surface de l'eau le troublèrent. 
  
Il se concentra de nouveau, en tentant de puiser en son 
fort intérieur la tranquillité qui sied à la méditation. 
Mais il n'y parvint pas, car les oiseaux s'étaient mis à 
chanter dans le saule. 
 
Furieux, Shiosuy se leva et pêcha tous les poissons, 
puis chassa tous les oiseaux avant de les dévorer. 
  
Mal lui en prit, car une indigestion l'empêcha de méditer 
pendant les trois jours qui suivirent son festin. 

  

Avez-vous déjà songé que vos colères ne sont presque 
jamais provoquées par les objets ou les personnes qui vous 
entourent, mais qu'elles ont leur épicentre dans votre esprit ?
  
Fuir ou épancher votre fureur sur un objet ou sur autrui ne 
vous servira à rien : le trouble est dans votre esprit et le 
calme aussi. 


  
« Si tu dois vivre parmi le tumulte, ne lui livre jamais 
ton corps. Garde ton âme calme et retirée. C'est un 
sanctuaire où tu trouveras, quand tu le voudras le bonheur. » 
Alexandra David-Neel
Publicités

L’instinct est une prison

La proie a peur du prédateur et le prédateur a peur de
la faim et de la mort. C'est ainsi qu'un enfant se garda en
vie quand, errant dans les champs il se retrouva fort loin
du village et qu'un tigre affamé croisa son chemin. 

Si tu veux me manger maintenant, Tigre, tu devras
chasser encore demain.
Si je te dévore, j'aurai déjà gagné un jour !
Moi, je peux t'apprendre comment gagner plein d'autres
jours... 

Le Tigre rentra alors ses griffes, s'assit et écouta
l'enfant. 

Regarde autour de toi : l'herbe est abondante, les
arbres donnent des fruits à foison. Arrête donc de manger de
la viande et tu ne mourras jamais de faim. 

Mais je suis un viandard, répondit le Tigre. J'ai des
griffes et des crocs. A quoi vont-ils me servir ? 

A te défendre et à défendre ceux qui te sont chers.
Mais je suis seul et n'ai point de famille ni d'amis.
Si tu m'épargnes, tu auras gagné un ami. 

Le Tigre réfléchit et dit :
je goûterai l'herbe et les fruits pour te faire plaisir. 

Il épargna l'enfant et connut la joie de partager un
repas. Par la suite, il n'eût plus jamais faim. 

Notre instinct est parfois un cruel poison : nous
agissons sans réfléchir, nous hurlons, nous nous mettons
en colère, nous nous vexons, nous prenons la fuite alors
qu'il faudrait se poser et réfléchir aux conséquences de
nos actes impulsifs. 

"L'insctinct est une prison dont les plus féroces
attendent d'être délivrés"
M. de Cournouardt

Laideur et beauté‏

Un cochon se contemplait dans l'eau d'une mare. 
Il se trouva si laid qu'il pleura et que ses larmes 
brouillèrent son miroir. Une voix tomba alors des nues et 
lui dit : 
  
Aucune créature n'est plus belle que toi, cochon
C'est faux ! crie le cochon. Je suis plus vilan qu'un 
crapaud.
Mais il n'y a rien de plus beau qu'un crapaud
Tu vois, tu te contredis... Le crapaud et moi ne pouvons 
être tous les deux les plus beaux en meme temps.
Toutes mes créatures sont, en meme temps les plus belles à 
mes yeux, explique la voix. 
  
Alors le cochon comprend que c'est un dieu qui lui a parlé 
et il se mire à nouveau dans la mare, le coeur léger et le 
sourire au groin. 
  
Laideur et beauté sont des critères inconsistants : 
meme chez les hommes, on n'est pas tous d'accord sur ce 
qui est beau et ce qui ne l'est pas. 
  
Laideur et beauté ne sont qu'une question de regard. 
  
"Même si nous parcourons le monde pour trouver la beauté, nous 
devons l'avoir en nous sous peine de ne pas la trouver."
Ralph Waldo Emerson

L’océan et les fjords‏

Tom était capitaine en second sur la frégate « L’effrontée » et il supportait mal la hiérarchie. Son impatience naturelle le poussait parfois à remettre en cause les ordres du capitaine.

Un jour, alors que « L’effrontée » croisait dans les eaux glaciales de la Norvège, Tom alla trop loin et contredit son supérieur devant tout l’équipage.

Le capitaine ne se mit pas en colère mais s’approcha lentement de son second. Il le prit par l’épaule. L’insolent regrettait déjà son franc parler.

Tourne ton regard vers ces fjords Tom et observe comme ils sont nombreux et comme leurs flots sont impétueux » lui fit remarquer le Capitaine Tom ne voyait pas où le capitaine voulait en venir, mais,craintif, il obéit.

Maintenant, tourne toi de l’autre côté, et voit comme l’océan est vaste, comme il boit tout la lumière du soleil, comme il vit au rythme de sa houle immense. Crois-tu que les fjords aient plus de majesté que l’océan ?

Non monsieur.

Ah ? Mais pourtant ils sont plus nombreux, ils surplombent l’océan et leurs flots sont plus vifs que la lente houle.

Mais l’océan est plus fort, plus majestueux qu’un fjord monsieur.

C’est exactement ce que je voulais te faire dire, Tom. Si les fleuves et les mers règnent sur tous les ruisseaux, c’est parce qu’ils savent toujours se tenir plus bas qu’eux.
Si toi aussi un jour tu veux devenir capitaine, tu devras d’abord obéir, m’écouter, apprendre de moi. et un jour, tu me surpasseras. Mais ce jour n’est pas encore venu.

Cette leçon de chose recèle une profonde vérité :
Si l’on veut apprendre, il faut savoir se tenir en retrait, observer et se faire oublier. Tout organisme grandit en assimilant ce qui lui vient de l’extérieur.

« Le sage, s’il veut être au dessus de son peuple, se met en paroles au-dessous de lui » Lao  
Tseu