4 éme accord

 

Faites toujours de votre mieux.

Il ne reste plus qu’un seul accord, mais c’est celui qui transforme
progressivement les trois autres en habitudes solidement ancrées en nous. Le
quatrième accord concerne l’application des trois premiers : faites toujours de
votre mieux.
Quelles que soient les circonstances, faites toujours de votre mieux, ni plus, ni
moins. Mais rappelez-vous que votre mieux ne sera jamais pareil même d’une fois
à l’autre. Tout est vivant, tout change constamment, par conséquent votre mieux
sera parfois à un haut niveau et d’autres fois à un moins bon niveau. Les matins
où vous vous réveillez frais et débordant d’énergie, votre mieux sera meilleur que
lorsque vous êtes fatigué en fin de soirée. Il sera aussi différent selon que vous
êtes en bonne santé ou malade, sobre ou ivre.Votre mieux variera selon que vous
êtes en pleine forme et heureux, ou irrité, en colère, ou encore jaloux.
Selon votre humeur, votre mieux peut changer d’un instant à l’autre, d’une heure à
la suivante, d’un jour au lendemain. Il évoluera aussi au fil du temps. Lorsque
vous prendrez l’habitude de mettre en pratique ces nouveaux accords, votre
mieux deviendra encore meilleur qu’il n’était.
Indépendamment de toute évaluation qualitative, continuez à faire de votre
mieux : ni plus ni moins. Si vous vous acharnez à vouloir faire davantage que
votre mieux, vous dépenserez plus d’énergie qu’il n’en faut et en fin de compte
votre mieux s’avérera insuffisant. Lorsque vous en faites trop, vous vous videz de
votre énergie et vous agissez contre vous-même, avec pour conséquence qu’il
vous faut
davantage de temps pour atteindre votre but. Mais si vous faites moins que
votre mieux, vous vous exposez aux frustrations, au jugement personnel, à la
culpabilité et aux regrets.
Faites donc simplement de votre mieux, quelles que soient les circonstances de
votre vie. Peu importe que vous soyez fatigué ou malade, si vous faites toujours
de votre mieux, il vous est impossible de vous juger. Et si vous ne vous jugez
pas, il n’est pas possible de subir la culpabilité, la honte et l’auto-punition. En
faisant toujours de votre mieux, vous romprez un grand sort auquel vous avez été
soumis.
Il était une fois un homme qui voulait transcender sa souffrance. Il se rendit à un
temple bouddhiste pour trouver un Maître qui puisse l’aider. Quand il trouva le
Maître, il lui demanda : “ Maître, si je médite quatre heures par jour, combien de
temps me faudra-t-il pour atteindre la transcendance ? ”
Le Maître le regarda et lui dit : “ Si tu médites quatre heures par jour, peut-être
parviendras-tu à transcender ton existence dans dix ans. ”
Convaincu qu’il pouvait faire mieux que cela, l’homme lui demanda : “ Oh,
Maître, et si je méditais huit heures par jour combien de temps cela me prendraitil
?
Le Maître le regarda et lui répondit : “ Si tu médites huit heures par jour, il te
faudra probablement vingt ans. ”
“ Mais pourquoi cela me prendrait-il plus longtemps si je médite plus ? ” interrogea
l’homme.
Le Maître lui répondit : “ Tu n’es pas là pour sacrifier ta joie ni ta vie. Tu es là
pour vivre, pour être heureux et pour aimer. Si tu fais de ton mieux en méditant deux
heures, mais que tu y consacres huit heures à la place, tu ne feras que te fatiguer, tu
passeras à côté de ton objectif et tu n’apprécieras pas ton existence. Fais de ton
mieux, et peut-être apprendras-tu que, peu importe la durée de ta méditation, tu
peux vivre, aimer et être heureux. ”
Si vous faites de votre mieux, vous vivrez votre existence intensément. Vous serez
productif, vous serez bon envers vous-mêmes, parce que vous vous donnerez à
votre famille, à votre communauté, à toute chose. C’est dans l’action que vous
serez intensément heureux. Lorsque vous faites toujours de votre mieux, vous
passez à l’action. Faire de votre mieux signifie agir parce que vous en avez envie,
et non parce que vous en attendez une récompense. La plupart des gens font
exactement l’inverse : ils n’agis-sent que lorsqu’ils espèrent une récompense, ne
prenant aucun plaisir à ce qu’ils font. Voilà pourquoi ils ne font pas de leur
mieux.
Par exemple, la plupart des gens vont chaque jour au travail en ne pensant qu’au
jour de paie et à l’argent que leur travail va leur rapporter. Ils attendent avec
impatience le vendredi ou le samedi, selon le jour où ils sont payés et où ils
peuvent prendre du temps pour eux. Ils ne travaillent que pour la récompense et,
du coup, font de la résistance. Ils essayent d’éviter d’agir et, par conséquent, ne font
pas de leur mieux.
Ils travaillent dur toute la semaine, peinant à leur tâche, subissant leur activité, non
parce qu’ils le veulent, mais parce qu’ils pensent y être obligés. Ils doivent
travailler pour payer leur loyer et subvenir aux besoins de leur famille. Ils vivent
donc avec toute cette frustration et, lorsqu’ils reçoivent enfin leur argent, ils sont
malheureux. Ils ont deux jours de repos pour faire ce qu’ils veulent, mais que fontils
? Ils essaient de s’évader. Ils se saoulent parce qu’ils ne s’aiment pas. Ils n’aiment
pas leur vie. On se fait du tort de multiples manières lorsqu’on n’aime pas qui l’on
est.
Inversement, si vous agissez simplement pour le plaisir d’agir, sans attendre de
récompense, vous découvrirez que vous apprécierez tout ce que vous ferez. Vous
en serez récompensé, mais vous ne serez plus attaché à la récompense. Vous
pourriez même obtenir plus pour vous-même que vous ne l’auriez imaginé sans
attendre de récompense. Si on aime ce qu’on fait, si on fait constamment de son
mieux, alors on jouit pleinement de la vie. On s’amuse, on ne s’ennuie pas, on n’est
pas frustrés.
Lorsque vous faites de votre mieux, vous ne laissez aucune chance à votre Juge
intérieur de vous culpabiliser ou de vous critiquer. Si vous avez fait de votre
mieux et qu’il essaie de vous juger selon le Livre de la Loi, vous savez quoi
répondre : “J’ai fait d e mo n mi e u x . ” Vous n’avez aucun regret. Voilà
pourquoi on doit toujours agir pour le mieux. Ce n’est pas un accord facile à
conclure et à respecter, mais il va vraiment vous libérer.
Lorsque vous faites de votre mieux, vous apprenez à vous accepter. En étant
conscient vous pouvez apprendre de vos erreurs. Cela signifie vous exercer,
regarder honnêtement les résultats de vos actions, et continuer de vous exercer.
Ceci accroit votre conscience.
Vous n’avez pas l’impression de travailler dur, en faisant de votre mieux, parce
que vous prenez plaisir à ce que vous faites. Vous savez que vous agissez pour le
mieux lorsque vous appréciez les activités auxquelles vous vous adonnez ou que
vous les accomplissez de telle sorte qu’il n’en résulte aucune conséquence négative
pour vous.Vous faites de votre mieux parce que vous le voulez, et non parce qu’il
le faut, ni pour essayer de faire plaisir au Juge, ni à qui que ce soit d’autre.
Si vous entreprenez une action parce que vous le devez, il est impossible de
l’effectuer au mieux. Alors autant ne pas la faire. Non, faites de votre mieux parce
qu’agir ainsi vous rend heureux. Lorsque vous le faites simplement pour le seul
plaisir que vous y trouvez, vous n’agissez que parce que vous aimez cela.
Etre dans l’action, c’est vivre pleinement. L’inaction est notre manière de nier la
vie. L’inaction, c’est rester assis devant la télévision chaque jour pendant des
années, parce que vous avez peur d’être vivant et de prendre le risque d’exprimer
qui vous êtes. C’est passer à l’action que d’exprimer qui vous êtes. Vous pouvez
avoir beau-coup de grandes idées dans votre tête, mais ce qui fait la différence
c’est le passage à l’acte. Si vous ne passez pas à l’action pour. concrétiser vos
idées, il n’y aura aucune manifestation, aucun résultat, et aucune récompense.
L’histoire de Forrest Gump en fournit un bon exemple. Il n’avait pas de grandes
idées, mais il pas-sait tout de suite à l’acte. Il était heureux parce qu’il faisait
toujours de son mieux, quelle que fût son activité. Il a été richement récompensé
alors qu’il n’attendait rien.
Agir, c’est être vivant. C’est prendre le risque de sortir de votre coquille et
d’exprimer votre rêve. Ce n’est pas la même chose que d’imposer son rêve à
autrui, car chacun a le droit d’exprimer son rêve.
Toujours faire de son mieux. C’est une excellente habitude à développer que de
toujours faire de son mieux. Je fais de mon mieux dans tout ce que je fais et vis.
Faire de mon mieux est devenu un rituel dans ma vie, car j’ai fait le choix d’en
faire un rituel. C’est une croyance, comme d’autres croyances que j’ai choisies. Je
fais de chaque chose un rituel, et je fais toujours de mon mieux. Prendre une
douche est un rituel pour moi, et j’en profite pour dire à mon corps combien je
l’aime. Je sens l’eau sur mon corps et je l’apprécie. Je fais de mon mieux pour
satisfaire les besoins de mon corps et pour recevoir ce qu’il a à me donner.
En Inde, les gens pratiquent un rituel que l’on appel-le une puja, au cours duquel
ils prennent des idoles représentant Dieu sous de nombreuses formes et les
baignent, les nourrissent et leur expriment leur amour. Les idoles elles-mêmes
n’ont guère d’importance. Ce qui compte, c’est la manière d’exécuter le rituel, la
façon dont ces gens disent : “ Je t’aime, mon Dieu ”.
Dieu est la vie. Dieu est la vie en action. La meilleure façon de dire “ Je t’aime,
mon Dieu ” est de vivre votre vie en faisant de votre mieux. La meilleure façon de
dire “ Merci, mon Dieu ” est de se détacher .du passé et de vivre l’instant présent,
ici et maintenant. Lorsque la vie vous prive soudain de quelque chose, détachezvous
en. Lorsque vous pratiquez le renoncement et que vous vous détachez du
passé, vous vous donnez la possibilité d’être pleinement vivant dans l’instant. Se
détacher du passé signifie être capable de savourer le rêve que vous vivez en ce
moment même.
Si vous vivez dans un rêve passé, vous n’appréciez pas ce qui se passe maintenant,
parce que vous souhaitez que le présent soit autre qu’il n’est. Nous n’avons pas de
temps à perdre à regretter quelque chose ou quelqu’un, car nous sommes vivants.
Ne pas apprécier ce qui se passe à l’instant même, c’est vivre dans le passé et n’être
qu’à moitié vivant. Cela conduit à l’auto-apitoiement, à la souffrance et aux
larmes.
Vous êtes né avec le droit d’être heureux. Vous êtes né avec le droit d’aimer, de
vous réjouir et de partager votre amour. Vous êtes vivant, alors embrassez votre
vie et appréciez-la. Ne résistez pas à la vie qui s’exprime en vous, parce que c’est
Dieu qui s’exprime ainsi. Votre seule existence prouve celle de Dieu. Elle prouve
l’existence de la vie et de l’énergie.
Nous n’avons pas à savoir ni à prouver quoi que ce soit. Nous n’avons qu’à être,
qu’à prendre le risque d’apprécier notre vie, c’est tout ce qui compte. Dites “ non
” lorsque vous voulez dire “ non ”, et “ oui ” quand vous voulez dire “ oui ”.Vous
avez le droit d’être vous-mêmes. Et vous ne pouvez être vous-mêmes qu’en faisant
de votre mieux. Lorsque vous ne le faites pas, vous niez votre droit à être vousmêmes.
Voilà une graine que vous devriez vraiment cultiver dans votre
esprit.Vous n’avez pas besoin de connaissances ou de grands concepts
philosophiques. Vous n’avez pas non plus besoin d’être accepté par les autres.
Vous exprimez votre propre divinité en étant vivant et en vous aimant vousmêmes
ainsi qu’autrui. C’est une expression de Dieu que de dire : “ Hé, je t’aime !

Les trois premiers accords toltèques ne fonctionneront que si vous faites de
votre mieux. Ne vous attendez pas à vous exprimer toujours avec une parole
impeccable.Vos habitudes sont trop fortes et trop bien ancrées dans votre esprit.
Mais vous pouvez faire de votre mieux. N’imaginez pas que vous ne prendrez plus
jamais rien personnellement ; faites seule-ment de votre mieux. Ne croyez pas
que vous ne ferez plus jamais la moindre supposition, mais vous pouvez
parfaitement faire de votre mieux.
En faisant de votre mieux, l’habitude de mal utiliser votre parole, celle de faire
une affaire personnelle de tout ce qui vous arrive et celle de faire des
suppositions vont s’affaiblir et se manifester de moins en moins souvent. Vous
n’avez pas à vous juger, à vous sentir coupable ou à vous punir, si vous n’arrivez
pas à respecter ces quatre accords toltèques. Si vous faites de votre mieux, vous
vous sentirez bien même en faisant encore des suppositions, même s’il vous arrive
encore de réagir de façon personnelle, même si votre parole n’est pas tout le
temps impeccable.
Si vous faites toujours de votre mieux, continuelle-ment, vous deviendrez un
maître de la transformation. C’est la pratique qui fait le maître. En faisant de votre
mieux, vous devenez un maître. Tout ce que vous savez, vous l’avez appris par la
répétition. Vous avez appris à écrire, à conduire et même à marcher par la
répétition. Vous êtes maître dans l’art de parler parce que vous vous êtes exercé.
Agir, mettre en pratique, voilà ce qui fait la différence.
Dans votre quête de liberté personnelle et d’amour de soi, si vous agissez au
mieux, vous découvrirez que ce n’est qu’une question de temps avant de trouver ce
que vous cherchez. Il ne s’agit pas de rêvasser ou de rester assis en méditation
durant des heures. Il vous faut vous lever et assumer votre humanité. Honorez
l’homme ou la femme que vous êtes. Respectez votre corps, appréciez-le, aimezle,
nourrissez-le, lavez-le et soignez-le. Faites de l’exercice et adonnez-vous à des
activités qui font du bien à votre corps. C’est une puja pour votre corps, et une
communion entre vous et Dieu.
Vous n’avez pas besoin d’adorer des idoles représentant la Vierge Marie, le Christ
ou Bouddha.Vous pouvez le faire si vous le souhaitez ; si cela vous fait du bien.
Mais votre corps est une manifestation de Dieu, et si vous l’honorez, tout changera
pour vous. Lorsque vous vous entraînez à exprimer votre amour à toutes les
parties de votre corps, vous semez des graines d’amour dans votre esprit, et
lorsque celles-ci croîtront, vous vous mettrez à aimer, honorer et respecter
immensément votre corps.
Par la suite, chacun de vos actes devient un rituel pour honorer Dieu. L’étape
d’après est de l’honorer par chacune de vos pensées, chacune de vos émotions,
chacune de vos croyances, même avec ce qui est “ juste ” ou “ faux ”. Chaque
pensée devient alors une communion avec Dieu et vous vivez un rêve exempt de
jugements, de sentiments de victime et du besoin de médire ou de vous faire du
tort.
Lorsque vous honorez ces quatre accords à la fois, il vous est impossible de
vivre en enfer. Il n’y a vraiment pas moyen. Si votre parole est impeccable, si vous
ne faites jamais une affaire personnelle de quoi que ce soit, si vous ne faites
aucune supposition, si vous faites constamment de votre mieux, alors votre vie
sera magnifique. Vous contrôlerez votre existence à cent pour-cent.
Les quatre accords toltèques représentent un résumé de la maîtrise de la
transformation, qui est l’une des maîtrises enseignées par les Toltèques. Vous
changez l’enfer en paradis. Le rêve de la planète se transforme en votre propre
rêve de paradis. La connaissance est à votre disposition ; elle n’attend seulement
que vous vouliez bien vous en servir. Les quatre accords toltèques sont là ; vous
n’avez qu’à les adopter et respecter leur signification et leur pouvoir.
Faites simplement de votre mieux pour honorer ces accords. Vous pouvez
conclure l’accord suivant aujourd’hui même : “ Je choisis d’honorer les quatre
accords toltèques ”. Ils sont tellement simples et logiques que même un enfant
peut les comprendre. Mais il vous faut une volonté très forte, une volonté
puissante pour les respecter. Pourquoi ? Parce que, où que nous allions, notre
chemin est jonché d’obstacles. Tout le monde essaie de saboter notre engage-ment
de respecter ces accords, et tout semble organisé autour de nous pour nous inciter
à les rompre. Le problème vient des autres accords qui font partie du rêve de la
planète. Ils sont vivants et très puissants.
Voilà pourquoi il vous faut être un grand chasseur, un grand guerrier, capable de
défendre ces quatre accords par votre vie. Votre bonheur, votre liberté, tout
votre mode de vie en dépendent. Le but du guerrier est de transcender ce monde,
d’échapper à cet enfer et de ne jamais y revenir. La récompense, comme
l’enseignent les Toltèques, est de réussir à transcender l’expérience humaine de la
souffrance, de devenir l’incarnation de Dieu. Voilà la récompense.
Nous devons vraiment utiliser la plus infime parcelle de notre pouvoir pour
réussir à tenir ces accords. Au début, je ne pensais pas que j’y parviendrais. J’ai
chuté de nombreuses fois, mais je me suis relevé et j’ai continué d’avancer. Et je
suis tombé à nouveau, mais j’ai toujours continué. Je ne me suis pas apitoyé sur
moi-même. Cela m’était tout à fait impossible. Je me disais : “ Même si je tombe,
je suis assez fort, assez intelligent, donc j’y arriverai quand même ! ” Alors je me
relevais et je continuais. Chaque fois que je chutais, je me redressais et reprenais
ma route, et chaque fois cela devenait de plus en plus facile. C’était pourtant très
difficile, au début, très dur.
Alors, si vous aussi vous tombez, ne vous jugez pas. Ne donnez pas à votre Juge
intérieur la satisfaction de faire de vous une victime. Non, soyez solide. Relevezvous
et renouvelez vos accords. “ Bon, j’ai rompu mon accord d’avoir une parole
impeccable. Je recommence à zéro. Je vais respecter les quatre accords toltèques
juste durant cette journée. Aujourd’hui ma parole sera impeccable, quoi qu’il
m’arrive je n’en ferai pas une affaire personnelle, je ne ferai aucune supposition, et
je ferai de mon mieux. “
Si vous rompez un accord, recommencez le lendemain, et à nouveau le jour
suivant. Au début ce sera difficile, mais chaque jour deviendra un peu plus facile,
jusqu’au jour où vous découvrirez que votre vie est régie par ces quatre accords.
Et vous serez sur-pris de voir comment elle aura été transformée.
Vous n’avez pas besoin d’être religieux ou d’aller à l’église chaque jour. Votre
amour et le respect que vous vous témoignez vont croître et se développer. Vous
en êtes capable. Si moi je l’ai fait, vous pouvez également le faire. Ne vous
souciez pas du futur ; gardez votre attention concentrée sur aujourd’hui et
demeurez dans l’instant présent. Vivez simplement un jour à la fois. Faites
toujours de votre mieux pour tenir ces accords, et bientôt tout cela deviendra
facile. Aujourd’hui, un nouveau rêve commence. 

 

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3ème accords

 Ne faites pas de suppositions

Le troisième accord toltèque est de ne pas faire de suppositions.
Nous avons tendance à faire des suppositions à propos de tout. Le problème est
que nous croyons ensui-te qu’elles sont la vérité. Nous serions prêt à jurer qu’elles
sont vraies. Nous faisons des suppositions sur ce que les autres font ou pensent,
fort de quoi nous en faisons une affaire personnelle, puis nous leur en voulons et
nous leur communiquons du poison émotionnel par nos propos. Voilà pourquoi
chaque fois qu’on fait des suppositions, qu’on prête des intentions à autrui, on
crée des problèmes. Nous faisons des suppositions quant aux raisons d’agir
d’autrui, nous les interprétons de travers, nous en faisons une affaire personnelle,
et nous finissons par créer tout un drame pour rien du tout.
Toute la tristesse et les drames auxquels vous avez été confrontés dans votre vie
proviennent de cette habitude de faire des suppositions, de prêter des intentions à
autrui et de prendre les choses personnelle-ment. Le rêve de l’enfer tout entier
découle de ces comportements.
Rien qu’en faisant des suppositions et en prenant tout ce qui nous arrive
personnellement, nous créons énormément de poison émotionnel, parce qu’ensuite
nous médisons sur la base de ces suppositions. Souvenez-vous : la médisance est
notre manière de communiquer dans le rêve de l’enfer, en échangeant du poison
les uns avec les autres. Comme on a peur de demander des explications, on prête
des intentions à autrui, on fait des suppositions que l’on croit être vraies ; puis, on
défend ces suppositions et on donne tort à l’autre.
Il vaut toujours mieux poser des questions que de faire des suppositions, parce
que celles-ci nous programment à souffrir.
Le grand mitote qui encombre l’esprit humain provoque beau-coup de chaos et
nous conduit à tout comprendre et interpréter de travers. On ne voit et entend que
ce que l’on veut bien voir et entendre. On ne perçoit pas les choses telles qu’elles
sont. On prend l’habitude de rêver sans lien avec la réalité. On rêve littéralement
les choses dans notre imagination. Lorsque nous ne comprenons pas une chose,
nous faisons une supposition quant à sa signification, et, lorsque la vérité se fait
jour, la bulle de notre rêve éclate, et nous découvrons que les choses n’étaient pas
du tout comme nous le pensions.
Exemple : vous êtes dans un centre commercial et vous apercevez une personne
que vous aimez bien. Celle-ci vous regarde et vous sourit, puis s’en va. Cette
scène se prête à de nombreuses suppositions. Celles-ci peuvent déboucher sur
tout un scénario imaginaire.Vous allez vous mettre à croire ce que vous imaginez
et à vouloir le rendre réel. Tout un rêve va prendre naissance à partir des
intentions que vous prêtez à cette personne et vous pouvez croire : “ Ahh, elle
m’aime beaucoup ”. Partant de ce présupposé, une relation commence à se
construire dans votre tête. Peut-être même allez-vous jusqu’à imaginer un
mariage. Mais cette histoire imaginaire n’existe que dans votre tête, dans votre
rêve personnel.
Faire des suppositions à propos de nos relations est le moyen sûr de s’attirer des
problèmes. Par exemple, nous supposons généralement que notre partenaire sait
ce que nous voulons ; nous croyons donc ne pas avoir besoin de le lui dire. Nous
pensons qu’il va faire ce que nous désirons, parce qu’il nous connaît bien. Et s’il
ne le fait pas, nous nous sentons blessé et lui reprochons : “ Tu aurais dû le
savoir. ”
Autre exemple : vous décidez de vous marier et vous supposez que votre
partenaire considère le mariage de la même façon que vous. Puis vous
commencez à vivre ensemble et vous découvrez que tel n’est pas le cas. Il en
résulte beau-coup de conflits, mais vous continuez de ne pas clarifier vos
sentiments à propos du mariage.
Le mari rentre à la maison après son travail, sa femme est fâchée, mais il ne sait
pas pourquoi. Peut-être sa femme lui a-t-elle prêté certaines intentions. Sans rien
lui dire de ce qu’elle voulait, elle a supposé qu’il la connaissait assez pour savoir
ce qu’elle désirait, comme s’il pouvait lire dans son esprit. Elle est donc irritée
parce qu’il n’a pas comblé pas ses attentes.
Les suppositions que nous faisons concernant nos relations provoquent beaucoup
de bagarres, de difficultés, d’incompréhensions avec des gens que nous sommes
censés aimer.
Dans chaque relation on peut se laisser aller à supposer que les autres savent ce
que nous pensons sans avoir à formuler nos besoins. Ils vont faire exacte-ment ce
que nous voulons parce qu’ils nous connais-sent bien. Et s’ils ne le font pas, nous
en sommes blessés et pensons : “ Comment peuvent-ils faire une chose pareille ?
Ils devraient quand même savoir. ” Ainsi un drame se produit parce qu’on fait une
supposition, avant d’en empiler d’autres par dessus.
Il est très intéressant de voir comment l’esprit humain fonctionne. Nous avons
besoin de tout justifier, de tout expliquer, de tout comprendre, afin de nous
rassurer. Il y a des millions de questions aux-quelles nous cherchons les réponses,
car il y a tant de choses que notre esprit rationnel ne peut expliquer. Peu importe
que la réponse soit correcte ; le seul fait de trouver une réponse nous rassure. C’est
pour cela que nous faisons des suppositions.
Les gens nous disent une chose : nous faisons des suppositions sur ce que sont
leurs motivations. Ils ne nous disent rien ? Nous faisons alors d’autres
suppositions destinées à combler notre besoin de savoir et à remplacer celui de
communiquer. Même lorsqu’on entend quelque chose qu’on ne comprend pas, on
fait des suppositions sur ce que cela signifie, puis on les croit. Nous ne ces-sons
de supposer, parce que nous n’avons pas le courage de poser des questions.
La plupart du temps ces suppositions sont effectuées très vite et inconsciemment,
parce que nos accords nous incitent à communiquer de cette manière. L’un d’eux
stipule qu’il est dangereux de poser des questions : un autre dit que si les autres
nous aiment, ils doivent savoir ce que nous voulons et comment nous nous sentons.
Et, du moment qu’on croit quelque chose, on part du principe qu’on a raison,
au point qu’on est prêt à détruire une relation pour défendre sa position.
On suppose que tout le monde voit la vie comme nous la voyons. On suppose que
les autres pensent comme nous pensons, qu’ils ressentent les choses comme nous
les ressentons, qu’ils jugent comme nous jugeons. Voilà la supposition la plus
importante que font les humains. C’est la raison pour laquelle nous craignons
d’être nous-mêmes avec les autres, car nous pensons qu’ils vont nous juger, nous
maltraiter et nous critiquer, comme nous le faisons nous-mêmes. C’est pourquoi,
avant même que les autres puissent nous rejeter, nous nous sommes déjà rejetés
nousmêmes.Voilà comment fonctionne l’esprit humain.
On fait également des suppositions sur soi-même, ce qui provoque beaucoup de
conflits intérieurs : “Je pense que je suis capable de faire telle chose. ” Vous
supposez cela, puis vous découvrez que ce n’est pas le cas. Vous vous surestimez
ou vous vous sous-estimez tout le temps, parce que vous ne prenez pas le temps
de vous poser des questions et d’y répondre. Peut-être vous faut-il en savoir
davantage sur telle situation ? Ou peut-être devez-vous arrêter de vous mentir sur
ce que vous voulez vraiment.
Souvent, lorsque vous démarrez une relation avec quelqu’un que vous aimez,
vous devez le justifier. Vous ne voyez en lui que ce que vous voulez bien voir, et
vous niez l’existence d’aspects que vous n’aimez pas.Vous vous mentez à vousmême
afin de vous donner raison. Puis vous faites des suppositions, l’une d’entre
elles étant : “ Mon amour va transformer cette per-sonne ”. Mais ce n’est pas vrai.
Votre amour ne changera personne. Si les autres se transforment, c’est parce qu’ils
veulent changer et non parce que vous en avez le pouvoir. Puis un incident se
produit entre vous deux, et vous vous sentez blessé.Vous voyez tout d’un coup ce
que vous refusiez de voir avant, désormais amplifié par votre poison émotionnel.
Il vous faut maintenant justifier votre douleur émotionnelle en rendant l’autre
responsable de vos choix.
On n’a pas à justifier l’amour ; l’amour est présent ou il ne l’est pas. L’amour
véritable consiste à accepter les autres tels qu’ils sont sans essayer de les changer.
Si nous essayons de les changer, cela signifie qu’on ne les aime pas vraiment. C’est
pourquoi, de toute évidence, si vous décidez de vivre avec quelqu’un, si vous
voulez conclure cet accord, il est préférable de le faire avec celui ou celle qui est
exactement tel que vous le souhaitez.Trouvez quelqu’un que vous n’ayez pas à
changer. Il est beaucoup plus facile de dénicher quelqu’un qui soit déjà comme
vous le souhaitez, plutôt que de vouloir le changer. De même, cette personne doit
aussi vous aimer tel que vous êtes, sans avoir besoin de vous changer. Si elle a le
sentiment qu’elle doit vous transformer, cela signifie qu’elle ne vous aime pas
vrai-ment. Alors pourquoi rester avec quelqu’un, si vous n’êtes pas comme il ou
elle le souhaite ?
Il faut pouvoir être qui l’on est, de façon à ne pas avoir à créer de fausse image de
soi. Si vous m’aimez
tel que je suis : “ OK, prenez-moi. ” Si vous ne m’aimez pas comme je suis : “
Alors, au revoir. Trouvez quelqu’un d’autre. ” Cela peut vous sembler dur, et
pourtant ce mode de communication signifie que les accords conclus avec autrui
sont clairs et impeccables.
Essayez simplement d’imaginer le jour où vous arrêterez de prêter des intentions à
votre partenaire, puis à toutes les autres per-sonnes présentes dans votre vie.
Votre manière de communiquer changera complètement et vos relations ne
souffriront plus des conflits engendrés par des hypothèses erronées.
Le meilleur moyen de vous empêcher de faire des suppositions est de poser des
questions. Vérifiez que vos communications soient claires. Si vous ne comprenez
pas, demandez. Ayez le cou-rage de poser des questions jusqu’à ce que tout soit
aussi clair que possible, et même alors, ne pensez pas que vous savez tout ce qu’il y
a à savoir sur telle situation. Lorsque vous aurez obtenu la réponse désirée, alors
vous n’aurez plus besoin de faire des suppositions car vous saurez la vérité.
Utilisez votre voix pour demander ce que vous voulez. Chacun a le droit de vous
dire “ oui ” ou “ non ”, et vous-même avez toujours le droit de demander.
Inversement, tout le monde peut vous interroger, et vous avez la possibilité de
dire “ oui ” ou “ non ”.
Si vous ne comprenez pas quelque chose, il vaut mieux poser une question et être
au clair plutôt que de faire des suppositions ou de prêter des intentions à autrui.
Le jour où vous cesserez de le faire, vous communiquerez de façon propre et
claire, libre de tout poison émotionnel. Si vous ne faites plus de suppositions,
votre parole devient impeccable.
En communiquant clairement, toutes vos relations vont changer, non seulement
avec votre partenaire, mais avec tout le monde. Vous n’aurez plus besoin de faire
de suppositions, car tout deviendra clair. “ Voici ce que je veux ; voilà ce que vous
voulez. ” Si nous communiquons ainsi, notre parole devient impeccable. Si tous
les humains communiquaient de la sorte, avec une parole impeccable, il n’y aurait
ni guerre, ni violence, ni incompréhension. Tous les problèmes humains se
régleraient si nous avions simplement une communication claire et bonne.
Voilà donc quel est le troisième accord toltèque : ne faites aucune supposition.
Formulé ainsi, cela semble facile, mais je suis conscient combien c’est difficile à
mettre en oeuvre. La difficulté provient de ce qu’on fait généralement l’inverse. On
a tous des habitudes dont on n’est même pas conscient. Les amener à la conscience
et comprendre l’importance de cet accord est donc le premier pas à franchir. Mais
la compréhension n’est pas suffisante. Une information ou une idée ne sont que
des graines dans notre esprit. Ce qui va vraiment faire la différence, c’est l’action.
Le fait de mettre une chose en pratique, jour après jour, renforce votre volonté,
nourrit la graine et établit des fondements solides pour que se développe une
nouvelle habitude. Après de nombreuses répétitions, ce nouvel accord deviendra
une deuxième nature, et vous verrez la façon dont la magie de votre parole vous
transformera de magicien noir en mage blanc.
Un mage blanc utilise la parole pour créer, donner, partager et aimer. En
concluant ce seul accord, toute votre vie sera transformée.
Lorsque vous modifiez votre rêve, la magie arrive dans votre vie. Ce dont vous
avez besoin vient à vous sans peine, car l’esprit se meut librement en vous. C’est
ce que l’on appelle la maîtrise de l’intention, la maîtrise de l’esprit, la maîtrise de
l’amour, la maîtrise de la gratitude, et la maîtrise de la vie. Voilà le but des
Toltèques.Voilà le chemin qui conduit à la liberté personnelle.

2 éme accords

Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle 

Les trois accords toltèques suivants découlent en réalité du premier. Le
deuxième consiste, quoi qu’il arrive, à ne jamais en faire une affaire
personnelle.
Quoi qu’il arrive autour de vous, n’en faites pas une affaire personnelle. En
reprenant un exemple précédent, si je vous vois dans la rue et que je vous dis : “
Hé, espèce d’idiot ! ”, sans même vous connaître, ce que je dis ne vous concerne
pas ; cela me concerne moi. Si vous en faites une affaire personnelle, vous allez
peut-être croire que vous êtes idiot. Peut-être même vous demanderez-vous : “
Comment a-t-il deviné ? Est-il clairvoyant, ou est-ce que tout le monde voit à quel
point je suis idiot ? ”
Vous faites une affaire personnelle de ce qui vous est dit parce que vous y donnez
votre accord. Dès lors, le poison s’infiltre en vous et vous êtes piégé dans l’enfer.
La raison pour laquelle vous vous faites piéger est ce que l’on appelle
“l’importance personnelle ”, c’est-à-dire l’importance que l’on se donne. S’accorder
de l’importance, se prendre au sérieux, ou faire de tout une affaire personnelle,
voilà la plus grande manifestation d’égoïsme, puisque nous partons du principe
que tout ce qui arrive nous concerne. Au cours de notre éducation, de notre
domestication, nous apprenons à tout prendre pour soi. Nous pensons être
responsables de tout. Moi, moi, moi, toujours moi !
Vous n’êtes aucunement responsable de ce que les autres font. Leurs actions
dépendent d’eux-mêmes. Chacun vit dans son propre rêve, dans sa propre tête ;
chacun est dans un monde totalement différent de celui dans lequel vous vivez.
Lorsqu’on fait de tout
une affaire personnelle, on part du principe que l’autre sait ce qu’il y a dans
notre monde, et on essaie d’opposer notre monde au leur.
Même lorsqu’une situation paraît très personnelle, même lorsque vous vous faites
insulter, cela n’a rien à voir avec vous. Ce que les gens disent, ce qu’ils font et les
opinions qu’ils émettent dépendent seulement des accords qu’ils ont conclus dans
leur propre esprit. Leur point de vue résulte de toute la programmation qu’ils ont
subie au cours de leur domestication.
Si quelqu’un vous donne son opinion en disant : “ Qu’est-ce que tu as l’air gros !
”, n’en faites pas une affaire personnelle, parce qu’en vérité cette personne est
confrontée à ses propres sentiments, croyances et opinions. Elle essaie de vous
envoyer du poison et si vous en faites une affaire personnelle, alors vous le
recevez et vous vous l’appropriez. En faisant une affaire personnelle de tout ce
qui vous arrive, vous devenez une proie facile pour tous les prédateurs, tous ceux
qui pratiquent la magie noire à leur insu par leur parole. Ils peuvent facilement
vous coincer avec une petite opinion de rien du tout, puis vous administrer tout le
poison qu’ils veulent ; comme vous prenez tout personnellement, vous gobez tout.
Vous ingurgitez toutes leurs ordures émotionnelles qui deviennent alors les vôtres.
Mais si vous ne prenez rien personnellement, vous êtes protégé, tout en étant au
beau milieu de l’enfer. L’immunité au poison, en plein enfer, est le cadeau que vous
offre cet accord.
Lorsque vous faites une affaire personnelle de ce qui vous arrive, vous vous
sentez offensé et votre réaction consiste à défendre vos croyances, ce qui provoque
des conflits. Vous faites tout un plat d’un petit rien, parce que vous avez besoin
d’avoir raison et de donner tort à autrui. Vous vous efforcez aussi de montrer que
vous avez raison, en imposant votre opinion aux autres. De toutes façons, ce que
vous ressentez et ce que vous faites ou dites n’est qu’une projection de votre
propre rêve personnel. Tout cela dépend des accords que vous avez conclus ; ces
opinions n’ont donc rien à voir avec moi.
Peu m’importe ce que vous pensez de moi, je n’en fais jamais une affaire
personnelle. Quand les gens me disent “ Miguel, tu es le meilleur ”je n’en fais pas
une affaire personnelle, et lorsqu’ils me disent “ Miguel, tu es le dernier des
derniers ”je ne le prends pas non plus personnellement. Je sais que si vous êtes
heureux vous me dites “ Miguel, tu es un ange ! ”, mais que si vous m’en voulez
vous dites “ Oh, Miguel, tu es un monstre ! Tu es dégoûtant. Comment peux-tu dire
des choses pareilles ? ” Dans un cas comme dans l’autre, cela ne m’affecte pas
parce que je sais ce que je suis. Je n’ai pas besoin d’être accepté. Je n’ai pas besoin
qu’on me dise “ Miguel, tu es vraiment bon ! ” ni “ Comment oses-tu faire cela ? ”
Non, je ne prends rien de ce qui m’est dit ou de ce qui m’arrive de façon
personnelle. Ce que vous pensez, ce que vous ressentez, c’est votre problème, pas
le mien. C’est votre façon de voir le monde. Cela ne me touche pas
personnellement, parce que vous n’êtes confronté qu’à vous-mêmes, pas à moi.
D’autres auront une opinion différente, selon leur système de croyances ; donc, ce
qu’ils pensent de moi ne concerne pas vraiment ma personne, mais eux-mêmes.
Vous pouvez même me dire : “ Miguel, ce que tu dis me blesse. ” Mais ce n’est pas
ce que je vous dis qui vous blesse : ce sont vos propres plaies intérieures qui
réagissent lorsqu’elles sont touchées par mes propos. Vous vous blessez vousmêmes.
Je ne peux en aucune manière prendre vos reproches personnellement. Ce
n’est pas que je ne croie pas en vous ou que je ne vous fasse pas confiance, mais je
sais que vous voyez le monde avec d’autres yeux que les miens, avec vos yeux.
Vous créez toute une scène, tout un film dans votre esprit, dont vous êtes le
metteur en scène, le producteur et l’acteur ou l’actrice principal(e). Tous les autres
n’ont que des seconds rôles. C’est votre film.
Vous regardez ce film en fonction des accords que vous avez conclus dans votre
vie. Votre point de vue vous est personnel. C’est votre vérité et celle de personne
d’autre. Donc, si vous m’en voulez, je sais que vous n’êtes en réalité confronté qu’à
vous-même. Je suis votre prétexte pour vous mettre en colère. Et cette colère est
provoquée par votre peur. Si vous n’avez pas peur, il vous est impossible d’être
irrité contre moi. Si vous n’avez pas peur, il n’est pas possible que vous me
haïssiez. Si vous n’avez pas peur, vous ne serez pas jaloux ou triste. Si vous vivez
sans peur, si vous aimez, ces émotions n’ont aucune place en vous. Et si vous ne
ressentez aucune de ces émotions négatives, il est logique que vous vous sentiez
bien. Lorsque vous vous sentez bien, tout ce qu’il y a autour de vous est bien. Et
quand tout ce qui vous entoure est bien, tout vous rend heureux.Vous aimez toute
chose, parce que vous vous aimez vous-même. Parce que vous vous appréciez tel
que vous êtes. Parce que vous êtes satisfait de vous-même. Parce que vous êtes
content de votre vie. Vous êtes heureux du film que vous produisez, heureux des
accords conclus dans votre existence.Vous êtes en paix et content.Vous vivez dans
un état de bonheur où tout est merveilleux, où tout est beau. Dans cet état de
bonheur, vous faites l’amour en permanence avec tout ce que vous percevez.
Quoi que les gens fassent, quoi qu’ils ressentent, q u ‘ ils disent ou pensent, n’en
faites pas une affaire personnelle. S’ils vous disent combien vous êtes
merveilleux, ce n’est pas à cause de vous. Vous savez déjà que vous êtes
merveilleux. Il n’est donc pas nécessaire de croire ceux qui vous le disent. Ne
prenez pas la moindre chose qui vous arrive de façon personnelle. Même si
quelqu’un prenait un fusil et vous tirait une balle dans la tête, ce ne serait pas
personnel. Même dans ce cas extrême.
Même les opinions que vous avez sur vous ne sont pas nécessairement vraies ;
donc, vous n’êtes pas obligé de réagir personnellement à ce que vous vous dites
dans votre tête. L’esprit peut se parler à lui-même, mais il peut aussi entendre des
informations provenant d’autres sources. Parfois vous entendez une voix dans
votre tête et vous vous demandez d’où elle vient. Elle peut provenir d’une autre
réalité dans laquelle se trouvent des êtres vivants très semblables aux humains.
Les Toltèques les appellent les Alliés. En Europe, en Afrique et en Inde, on les
appelle les Dieux.
Notre esprit existe aussi au niveau des Dieux. Il vit également dans cette réalité et
peut la percevoir. L’esprit voit grâce à nos yeux, et il perçoit la réalité du monde
éveillé ; mais il voit et perçoit également sans les yeux, bien que notre raison ne
soit guère consciente de ces perceptions-là. L’esprit vit dans plusieurs dimensions.
Par moments, vous avez des idées dont l’origine n’est pas votre esprit, mais vous
les percevez grâce à lui. Et vous avez le droit de croire ou de ne pas croire ces
voix, et le droit de ne pas faire une affaire personnelle de ce qu’elles vous disent.
Nous avons le choix de croire ou non ce que ces voix nous disent, tout comme
nous avons le choix de croire le rêve de la planète et de lui donner notre accord.
L’esprit peut aussi se parler et s’écouter lui-même. Il est aussi divisé que le corps
l’est. De même que vous pouvez dire : “ J’ai une main avec laquelle je peux serrer
l’autre et la sentir ”, l’esprit peut aussi parler à diverses parties de lui-même. Une
partie s’exprime et l’autre écoute. Cela devient un problème lorsque les milliers de
parties de votre esprit parlent toutes ensemble, cela devient un problème. On
appelle cela le mitote, vous vous rappelez ?
Le mitote est comme un immense marché sur lequel des milliers de personnes
parlent et marchandent en même temps. Chacune a des pensées et sentiments
différents ; chacune a son propre point de vue. Et la programmation de notre
esprit, tous les accords que nous avons conclus, comporte beaucoup
d’incompatibilités. Chaque accord est comme un seul être vivant séparé ; il a sa
propre personnalité et sa propre voix. Il y a donc des accords contradictoires qui
entrent en conflit les uns avec les autres, en permanence, jusqu’à créer une
immense guerre dans notre esprit. C’est à cause du mitote que les humains ne
savent plus ce qu’ils veulent, ni comment et quand ils le veulent. Ils ne sont plus
d’accord avec eux-mêmes parce que certaines parties d’eux veulent une chose,
tandis que d’autres parties veulent exactement l’inverse.
Une partie de votre esprit s’oppose à certaines pensées et actions, alors qu’une
autre soutient les actes provoqués par des pensées contraires. Tous ces petites
entités entretiennent le conflit intérieur parce qu’elles sont vivantes et ont toutes
leur voix. Ce n’est donc qu’en faisant l’inventaire des accords que nous avons
conclus que nous mettrons en lumière tous nos conflits intérieurs et que nous
ferons de l’ordre dans le chaos du mitote.
Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle, parce qu’en prenant les
choses personnellement vous vous programmez à souffrir pour rien. Les humains
ont tous un certain degré de dépendance à un certain niveau de souffrance, et
nous nous encourageons les uns les autres à entretenir ces dépendances. Les
humains sont d’accord de s’aider mutuellement à souffrir. Si vous avez besoin
qu’on vous maltraite, vous trouverez facilement quel-qu’un pour le faire. De
même, si vous vous trouvez en compagnie de gens ayant besoin de souffrir,
quelque chose en vous vous poussera à les maltraiter. C’est comme s’ils portaient
une pancarte dans leur dos où il est écrit : “ Faites-moi mal, s’il-vous-plaît ”. Ils
cherchent une justification à leur souffrance. Leur dépendance à la souffrance
n’est en fait qu’un accord qu’ils renforcent chaque jour.
Où que vous alliez, vous découvrirez des gens qui vous mentent et, à mesure que
votre conscience augmentera, vous vous rendrez compte que vous vous mentez
également à vous-mêmes. Ne vous attendez pas à ce que les gens vous disent la
vérité, car ils se mentent aussi à eux-mêmes. Vous devez vous faire confiance et
choisir de croire ou non ce que l’on vous dit.
Lorsqu’on voit vraiment comment sont les gens, sans jamais réagir de façon
personnelle, rien de ce qu’ils peuvent dire ou faire ne peut nous blesser. Même si
l’on vous ment, cela ne fait rien. Celui qui agit ainsi le fait parce qu’il a peur. Peur
que vous découvriez qu’il n’est pas parfait. C’est douloureux de retirer son masque
social.
Lorsque les gens disent une chose et en font une autre, c’est vous mentir que de ne
pas écouter leurs actes. Mais si vous êtes honnête envers vous-même, vous vous
épargnerez beaucoup de douleur émotionnelle. Certes, accepter la vérité sur
quelque chose ou quel-qu’un peut s’avérer douloureux, mais il n’est pas nécessaire
de vous attacher à cette douleur. La guérison est en chemin et ce n’est qu’une
affaire de temps avant que votre situation ne s’améliore.
Si quelqu’un ne vous traite pas avec amour et respect, prenez comme un cadeau
qu’il vous quitte un jour. S’il ne le fait pas, vous passerez certainement des années
à souffrir avec lui (ou elle). La séparation sera douloureuse pendant quelque
temps, mais votre coeur guérira. Puis vous pourrez choisir ce que vous voulez.
Vous découvrirez que vous avez besoin de faire confiance moins aux autres qu’à
votre propre capacité à effectuer de bons choix.
Quand vous aurez pris l’habitude de ne jamais faire une affaire personnelle de ce
qui vous arrive, vous vous éviterez de nombreux problèmes dans votre vie. Votre
colère, votre jalousie et votre envie disparaîtront, et même votre tristesse s’en ira,
si vous ne prenez rien personnellement.
Si vous parvenez à transformer en habitude ce second accord, vous découvrirez
que rien ne peut plus vous replonger en enfer. Une immense liberté vous échoit
lorsque vous ne prenez plus rien personnellement. Vous êtes immunisé contre les
magiciens noirs ; aucun sort ne peut vous affecter, aussi puissant soit-il. Le
monde entier peut vous calomnier : du moment que vous n’en faites pas une
affaire personnelle, vous êtes immunisé. Quelqu’un peut délibérément vous
envoyer du poison émotionnel, mais si vous ne le prenez pas personnellement,
vous ne l’ingurgiterez pas. Et si vous refusez ce poison, c’est celui qui vous
l’envoie qui s’en trouvera encore plus mal, mais pas vous.
Vous voyez à quel point cet accord est important ? En ne faisant jamais une
affaire personnelle de ce qui vous arrive, vous pouvez rompre de nombreuses
habitudes et routines qui vous piègent dans le rêve de l’enfer, provoquant des
souffrances inutiles. Rien qu’en appliquant ce deuxième accord, vous
commencerez à briser des dizaines de petits accords qui vous font souffrir. Et si
vous mettez en pratique les deux premiers accords toltèques, vous romprez
soixante-quinze pour cent de ces micro-accords qui vous enferment dans le rêve
de l’enfer.
Ecrivez cet accord sur un bout de papier et collez-le sur votre réfrigérateur pour
vous en souvenir en permanence : Quoi qu’il arrive, n’en faites jamais une affaire
personnelle.
Au fur et à mesure que vous prendrez l’habitude de cet accord, vous n’aurez plus
besoin de faire confiance à ce que les gens disent ou font. Il vous suffira d’avoir
confiance en votre capacité à effectuer des choix responsables.Vous n’êtes jamais
responsable dès actions d’autrui ; seulement de vous-mêmes. Lorsque vous
comprenez vraiment cela et que vous refusez de prendre quoi que ce soit
personnellement, les commentaires et actions des gens ne peuvent pour ainsi dire
plus vous blesser.
Si vous respectez cet accord, vous pouvez voyager dans le monde entier, le coeur
totalement ouvert, et personne ne peut vous blesser. Vous pouvez dire “ je
t’aime ” sans crainte du ridicule ou du rejet. Vous pouvez demander ce dont vous
avez besoin. Vous pouvez dire “ oui ” ou “ non ”, selon ce que vous choisissez,
sans culpabilité ni jugement de soi. Vous pouvez choisir de toujours suivre votre
coeur. Alors, même au milieu de l’enfer, vous continuerez de vivre dans la paix
intérieure et le bonheur. Vous pouvez demeurer dans un état de félicité, et l’enfer
n’aura aucune prise sur vous.

Le 1er accord

 Que votre parole soit impeccable

Le premier accord toltèque est le plus important et aussi le plus difficile à
honorer. Il est si important qu’à lui seul il vous permettra de transcender votre
vie actuelle pour parvenir à ce niveau que j’appelle le paradis sur terre.
Le premier accord est : que votre parole soit impeccable. Voilà qui a l’air très
simple, mais en réalité c’est très, très puissant. Pourquoi faire attention à votre
parole ?Votre parole est votre pouvoir créateur. C’est un cadeau qui vous vient
directement de Dieu. Le prologue de l’évangile de Jean, parlant de la Création de
l’Univers, dit : “Au commencement était la parole*, et la parole était avec Dieu, et
la parole était Dieu.” La parole vous permet d’exprimer votre pouvoir créateur.
C’est par elle que vous manifestez les choses. Quelle que soit votre façon de
parler, votre intention se manifeste par la parole. Ce dont vous rêvez, ce que vous
sentez et ce que vous êtes vraiment, tout cela se manifeste par la parole.
La parole n’est pas seulement un son ou un symbole écrit. C’est une force ; elle
représente votre capacité à vous exprimer et à communiquer, à penser et donc à
créer les événements de votre vie. Vous êtes capable de parler. Quel autre animal
sur terre le peut ? La parole est votre outil le plus puissant en tant qu’être
humain ; c’est un instrument magique. Mais comme une lame à double tranchant,
votre parole peut créer les rêves les plus beaux ou tout détruire autour de vous.
L’un de ses tranchants est son mauvais usage, qui peut concrétiser l’enfer ; l’autre
est son usage impeccable qui crée la beauté, l’amour et le paradis sur terre. Selon
la façon dont elle est utilisée, la parole peut vous libérer ou vous asservir plus
que vous ne pouvez l’imaginer. Tout le pouvoir magique dont vous disposez
réside en elle. Votre parole est de la magie pure et son mauvais usage de la
magie noire.
La parole est si puissante qu’un seul mot peut changer une vie ou détruire
l’existence de millions de personnes. Il y a quelques décennies, la parole d’un seul
homme en Allemagne a manipulé toute une nation peuplée de gens très
intelligents. Il les a conduits à la guerre, par la seule puissance de sa parole. Il a
réussi à convaincre certains de commettre les actes de violence les plus atroces
qui soient. Sa parole a réveillé les peurs des gens et, comme une immense
explosion, les tueries et la guerre ont ravagé le monde entier. Partout des humains
se sont entre-tués, parce qu’ils avaient peur les uns des autres. La parole d’Hitler,
fondée sur des croyances et accords issus de la peur, restera dans les mémoires
durant des siècles.
L’esprit humain est semblable à une terre fertile dans laquelle des graines sont
continuellement semées : des opinions, des idées et des concepts.Vous plantez une
graine, une pensée, et elle croît. La parole est une graine, et l’esprit humain est si
fertile ! Malheureusement, il s’avère souvent très fertile pour les semences de la
peur. Chaque esprit humain est fertile, mais seulement pour les graines pour
lesquelles il est préparé. Il est donc important de découvrir le type de graines
auxquelles notre esprit offre sa fertilité, et de le préparer à recevoir les semences
de l’amour.
Prenez l’exemple d’Hitler : il a semé des graines de peurs qui se sont développées
avec force et ont réussi à provoquer une destruction massive. En observant la
puissance incroyable de la parole, nous devons comprendre qu’elle sort de notre
bouche. Une peur, un doute semés dans notre esprit peuvent créer une succession
dramatique d’événements. Un seul mot est comme un sort, et les humains utilisent
la parole comme des magiciens noirs, se jetant en toute inconscience des sorts les
uns aux autres.
Chaque être humain est un magicien. Par notre parole, nous pouvons soit jeter un
sort à quelqu’un, soit l’en libérer. Exemple : je vois un ami et lui fais part d’une
opinion : “ Tiens ! La couleur de ton visage est celle des gens qui vont avoir le cancer.
” S’il écoute cette parole et s’il est d’accord avec, il aura un cancer dans moins d’un
an. Telle est la puissance de la parole.
Au cours de notre domestication, nos parents et frères et soeurs ont émis des
opinions sur nous, sans même y réfléchir. Nous avons cru ces opinions et vécu
dans la peur qu’elles véhiculaient, comme de ne pas être assez bon en natation, en
sport ou en écriture.
Quelqu’un exprime une opinion : “ Regarde cette fille comme elle est moche ! ”. La
fille en question entend cela, croit qu’elle est laide et grandit avec l’idée qu’elle
n’est pas belle. Peu importe qu’elle le soit ou non ; tant qu’elle est d’accord avec
cette opinion, elle croira qu’elle est laide. Elle subit l’influence d’un sort.
Si elle réussit à capter notre attention, une parole peut pénétrer notre esprit et
changer toute une croyance, en mieux ou en pire. Autre exemple : peut-être
croyez-vous être stupide, et peut-être même le croyez-vous depuis toujours.Voilà
un accord qui peut être vraiment vicieux et vous conduire à faire de nombreuses
choses ne servant qu’à vous prouver votre stupidité. Vous effectuez quelque
chose puis vous pensez : “ Si seulement j’étais intelligent…, mais je dois être stupide
sinon je n’aurais jamais fait cela. ” Votre pensée s’agite dans tous les sens et vous
pouvez passer des jours à être sous l’influence de cette croyance en votre propre
stupidité.
Puis, un jour, quelqu’un capte votre attention et, par sa parole, vous fait découvrir
que vous n’êtes pas stupide. Vous croyez cette personne et vous concluez un
nouvel accord. Résultat : vous ne vous sentez plus stupide et vous n’agissez plus
stupidement. Un sort est rompu, par la seule puissance de la parole.
Inversement, si vous croyez être stupide et que quelqu’un capte votre attention et
vous dise : “ Oui, tu es vraiment la personne la plus stupide que j’aie jamais
rencontrée ”, l’accord initial sera renforcé et deviendra encore plus puissant.
Voyons maintenant ce que l’on entend par impeccabilité. Le mot impeccable vient
du latin pecatus, qui signifie “ péché ” et du radical im- qui signifie “ sans ” ;
impeccable signifie donc “ sans péché ”. Les religions parlent de péchés et de
pécheurs, mais voyons de plus près ce que signifie vraiment pécher.
Un péché est quelque chose que vous commettez contre vousmême.Toute chose
que vous sentez, croyez ou faites à l’encontre de vous-même est un péché. Vous
agissez contre vous-même lorsque vous vous jugez ou critiquez pour n’importe
quoi. Etre sans péché, c’est donc faire exactement l’inverse. Etre impeccable, c’est
ne rien faire contre soi-même. Lorsque vous êtes impeccable, vous assumez la
responsabilité de vos actions, mais vous ne vous jugez pas, vous ne vous critiquez
pas.
Vu sous cet angle, tout le concept du péché est transformé : ce n’est plus quelque
chose de moral ou de religieux, c’est une affaire de bon sens. Le péché commence
avec le rejet de soi. Se rejeter soi-même est le plus grand péché que vous puissiez
commettre. En termes religieux, le rejet de soi est un “ péché mortel ”, puisqu’il
conduit à la mort. Etre impeccable, en revanche, mène à la vie.
Pour que notre parole soit impeccable, il ne faut donc pas l’utiliser contre soi. Si
je vous aperçois dans la rue et que je vous traite d’imbécile, il semble que je me
serve de la parole contre vous. Mais en réalité je l’utilise contre moi, car vous
allez me détester et votre haine ne me fera aucun bien. Donc, si je me mets en
colère et que je vous envoie mon poison émotionnel par la parole, je l’utilise
contre moi-même.
Si je m’aime, j’exprimerai cet amour dans mes inter-actions avec vous et ma parole
sera impeccable, car cette manière d’agir produira une réaction similaire. Si je
vous aime, vous m’aimerez. Si je vous insulte, vous m’insulterez. Si j’ai de la
gratitude envers vous, vous en aurez envers moi. Si je suis égoïste avec vous, vous
le serez avec moi. Si j’utilise ma parole pour vous jeter un sort, vous m’en jetterez
aussi un.
Avoir une parole impeccable, c’est faire bon usage de votre énergie ; cela signifie
que vous l’utilisez dans le sens de la vérité et de l’amour de vous-même. Si vous
concluez cet accord avec vous-même, que votre parole soit impeccable, cette seule
intention manifestera la vérité en vous et nettoiera tout le poison émotionnel qui
subsiste en vous. Mais il est difficile de conclure cet accord parce que nous avons
appris exactement l’inverse. Nous avons appris le mensonge comme mode de
communication avec les autres et surtout avec nous-mêmes. Notre parole n’est pas
impeccable.
Le mauvais usage de la puissance de la parole crée l’enfer. On l’utilise pour
médire, pour critiquer, pour culpabiliser, pour détruire. Bien sûr, on s’en sert aussi
de la bonne manière, mais pas très souvent. On l’utilise surtout pour répandre du
poison personnel, pour exprimer la colère, la jalousie, l’envie et la haine. La
parole est pure magie – c’est le plus puissant cadeau donné aux humains – et on
l’utilise contre soi-même. On planifie sa revanche. On crée le chaos par la parole.
On se sert des mots pour attiser la haine entre races, personnes, familles, nations
différentes. Nous faisons un mauvais usage de la parole si fréquent que nous
créons et perpétuons un cauchemar d’enfer. L’utilisation négative de la parole
nous maintient les uns les autres au fond du gouffre, dans un état de peur et de
doute. La parole étant de la magie et son mauvais usage de la magie noire, nous
pratiquons la magie noire en permanence, sans réaliser le moins du monde que
notre parole est magique.
Prenons l’exemple de cette femme intelligente et dotée d’un bon coeur. Elle avait
une fille qu’elle adorait. Un soir, elle est rentrée chez elle après une très mauvaise
journée de travail, fatiguée, rem-plie de tensions émotionnelles, avec un mal de
tête abominable. Elle souhaitait un peu de paix et de calme, mais sa fille chantait
et sautait joyeusement. Celle-ci ne se rendait pas compte de l’état dans lequel était
sa mère ; elle jouait dans son propre monde, son propre rêve. Elle se sentait bien,
elle sautait et chantait de plus en plus fort, exprimant toute sa joie et tout son
amour. Elle chantait si fort qu’elle aggrava le mal de tête de sa mère qui, au bout
d’un moment, perdit contrôle. En colère, elle regarda son adorable fille et lui dit :
“ Tais-toi !Tu as une voix horrible. Peux-tu simplement te taire ? ”
En réalité, c’est la tolérance de cette femme envers le moindre bruit qui était
réduite à néant et non la voix de sa petite fille qui était horrible. Mais cette
dernière a cru ce que sa mère lui avait dit, et, à cet instant, elle a conclu un accord
avec elle-même. Après cet incident, elle n’a plus jamais chanté car elle croyait que
sa voix était horrible et qu’elle dérangerait quiconque l’entendrait. Elle devint
timide à l’école et, si on lui demandait de chanter, elle refusait. Même parler aux
autres devint difficile pour elle. Tout changea dans la vie de cette petite fille à
cause de ce nouvel accord : elle crut qu’elle devait réprimer ses émotions afin
d’être acceptée et aimée.
Chaque fois que l’on écoute une opinion et qu’on la croit, on conclut un accord qui
s’intègre à notre système de croyances. Cette petit fille grandit et, bien qu’elle eut
une belle voix, elle ne chanta plus. Elle développa tout un complexe à cause d’un
seul sort qui lui avait été jeté par celle qui l’aimait le plus : sa propre mère. Celleci
ne s’est pas aperçue de ce qu’elle avait fait par sa parole. Elle n’était pas
consciente d’avoir utilisé de la magie noire et d’avoir jeté un sort à sa fille. Elle ne
connaissait pas la puissance de sa parole, et on ne peut donc la blâmer. Elle a agi
comme sa mère, son père et les autres avaient agi envers elle-même, de diverses
manières. Eux aussi faisaient mauvais usage de leur parole.
Combien de fois agit-on ainsi avec ses propres enfants ? On leur fait part
d’opinions négatives, puis ils portent en eux cette magie noire durant des années et
des années. Des gens qui nous aiment pratiquent de la magie noire contre nous,
mais n’ont pas conscience de ce qu’ils font. C’est pourquoi il faut leur pardonner :
ils ne savent pas ce qu’ils font.
Un autre exemple : vous vous réveillez le matin, vous sentant tout heureuse. Vous
êtes envahie d’un senti-ment merveilleux et vous passez une heure ou deux devant
votre miroir à vous faire belle. Là-dessus, une de vos meilleures amies vous dit : “
Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu as une de ces têtes ! Et regarde comment tu es habillée ; tu
as l’air ridicule. ” Et voilà : cela suffit à vous descendre droit en enfer. Peut-être
que cette amie vous a-t-elle dit cela juste pour vous blesser. Et elle a réussi. Elle
vous a transmis son opinion, soutenue par toute la puissance de sa parole. Si vous
l’acceptez, vous concluez un nouvel accord et vous mettez alors votre propre
pouvoir dans cette opinion. Celle-ci devient de la magie noire.
Ce genre de sort est difficile à briser. La seule chose qui puisse le rompre est de
conclure un nouvel accord fondé sur la vérité. La vérité est ce qu’il y a de plus
important si l’on veut que sa parole soit impeccable. D’un côté de l’épée se
trouvent les mensonges qui créent de la magie noire, de l’autre la vérité qui a le
pouvoir de rompre les sorts. Seule la vérité vous affranchira.
Observez les interactions humaines quotidiennes et rendez-vous compte du
nombre de fois où nous nous jetons des sorts les uns aux autres par nos propos.
Cette façon d’agir a fini par devenir la pire forme de magie noire, que l’on appelle
la médisance, ou la propagation de rumeurs.
La médisance est la pire magie noire parce que c’est du poison pur. Nous avons
appris cela en y donnant notre accord. Enfants, nous avons entendu les
médisances permanentes des adultes autour de nous, exprimant ouvertement leurs
avis sur autrui. Ils avaient même des opinions sur des personnes qu’ils ne
connaissaient pas. Celles-ci s’accompagnaient de poison émotionnel, et nous
avons appris que c’était là la manière normale de communiquer.
La médisance est devenue la principale forme de communication de la société
humaine. C’est la façon dont on se sent proche les uns des autres, parce qu’on se
sent mieux lorsqu’on voit quel-qu’un se sentir aussi mal que soi. Une vieille
expression dit que “ la misère aime la compagnie ”, et les gens qui souffrent en
enfer ne veulent pas rester seuls. La peur et la souffrance sont des composantes
importantes du rêve de la planète ; ce sont les instruments qui maintiennent
chacun tout en bas.
Si l’on compare l’esprit humain à un ordinateur, la propagation de rumeurs est
l’équivalent d’un virus informatique. Ce genre de virus est une séquence
informatique écrite dans le même langage que les autres codes, mais avec une
intention négative. Ce code est inséré dans le programme de votre ordinateur
quand vous vous y attendez le moins, et généralement sans même que vous en
soyez conscient. Et votre ordinateur ne fonctionne plus correctement, voire même
plus du tout, parce que tous ses codes s’embrouillent à force de messages
contradictoires, de sorte qu’il ne peut plus rien en sortir de bon.
La médisance fonctionne exactement pareil. Par exemple, vous allez démarrer un
cours avec un nouveau professeur ; cela fait longtemps que vous vous en
réjouissez. Le premier jour, vous croisez quel-qu’un ayant suivi ce cours avant
vous qui vous dit : “ Oh, ce prof est un crétin tellement prétentieux ! Il ne
connaissait même pas son sujet, et en plus c’est un pervers, alors fais gaffe ! ”
Les mots et le code émotionnel des propos de cette personne s’impriment
immédiatement en vous, mais vous n’êtes pas conscient de ce qui l’a poussée à
vous parler ainsi. Peut-être est-elle en- colère car elle a échoué à ce cours, ou
peut-être prête-t-elle à ce professeur des intentions fondées sur la peur et les préjugés.
Mais, ayant appris à ingurgiter ce genre d’in-formations depuis tout petit,
une partie de vous croit cette rumeur, et vous allez suivre votre cours. A mesure
que le professeur parle, vous sentez le poison monter en vous sans être conscient
de voir ce professeur à travers les yeux de la personne qui vous a rapporté cette
rumeur. Puis vous vous mettez à en parler à d’autres dans la classe, et eux aussi
commencent à voir le professeur de la même manière ; comme un crétin et un
pervers. Vous voilà détestant ce cours que vous décidez finalement
d’interrompre. Vous accusez le professeur, mais la faute en revient à la
médisance.
Tous ces ennuis peuvent être provoqués par un seul petit virus informatique. Un
petit bout d’information mensongère peut détruire la communication entre deux
êtres, infectant chaque personne qu’il rencontre et la rendant à son tour
contagieuse. Imaginez que chaque fois que quelqu’un vous fait part d’une rumeur,
il introduit un virus dans votre esprit, ce qui assombrit un peu plus la clarté de
votre pensée. Puis imaginez que pour clarifier votre propre confusion et être
soulagé de ce poison, vous propagez la rumeur, le virus, à quelqu’un d’autre.
Ensuite, imaginez ce processus se propageant sans fin à tous les humains sur
terre. Le résultat est un monde rempli d’individus ne pouvant lire de
l’information qu’à travers des circuits encrassés par des virus empoisonnés et
contagieux. Une fois encore, ce virus empoisonné est ce que les Toltèques
appellent le mitote, le chaos résultant de ces milliers de voix s’exprimant toutes à
la fois dans votre esprit.
Il y a pire : les magiciens noirs ou “ pirates informatiques ” qui propagent
délibérément des virus. Repensez à une fois où vous (ou une de vos
connaissances) étiez en colère contre quelqu’un et vouliez votre revanche. Pour
vous venger, vous avez dit quelque chose concernant cette personne, avec
l’intention de répandre du poison et de faire en sorte que cette personne se sente
mal. Enfant, on faisait cela sans y réfléchir, mais en grandissant on apprend à
calculer soigneusement ses efforts pour détruire autrui. Puis on se ment à soimême
en disant que cette personne a reçu une juste punition pour ses mauvais
agissements.
Lorsqu’on voit le monde à travers les yeux d’un virus informa-tique, il est facile
de justifier le comportement le plus cruel. Ce que l’on ne voit pas, c’est que le
mauvais usage de la parole nous enfonce chaque fois un peu plus profondément
en enfer.
Durant des années nous avons subi les sorts et les médisances accompagnant la
parole d’autrui, mais aussi ceux inhérents à notre manière de nous parler. On se
parle en permanence, se disant des choses du style : “ Oh, j’ai l’air gros(se), je
suis moche. Je vieillis, je perds mes cheveux. Je suis stupide, je ne
comprends jamais rien. Je ne serai jamais assez bon (ne), et je ne serai
jamais parfait(e). ” Vous voyez comment on utilise la parole contre soi ? Il
nous faut commencer à comprendre ce qu’est la parole et ce qu’elle fait. Si vous
comprenez le premier accord, que votre parole soit impeccable, vous verrez tous
les changements qui peuvent se produire dans votre vie : des changements, tout
d’abord, dans votre manière d’être avec vous-mêmes, et ensui-te dans votre
manière d’être avec les autres, surtout ceux que vous aimez le plus.
Réfléchissez au nombre de fois où vous avez médit de la personne qui vous est la
plus chère, dans le seul but que les autres soutiennent votre point de vue.
Combien de fois avez-vous capté l’attention d’autrui, puis répandu du poison sur
celui ou celle que vous aimez, afin de conforter votre opinion ? Celle-ci n’est
pourtant que votre point de vue. Elle n’est pas nécessairement vraie. Votre
opinion résulte de vos croyances, de votre propre ego, et de votre propre rêve.
Nous créons ce poison et le partageons avec autrui, simple-ment pour nous sentir
bien selon notre propre point de vue.
Si nous concluons ce premier accord et que notre parole devient impeccable,
nous éliminerons progressivement tout poison émotionnel de notre esprit et de
nos relations personnelles, y compris avec notre chien ou notre chat.
Avoir une parole impeccable vous immunisera également contre tous les sorts
négatifs d’autrui.Vous ne pouvez recevoir une idée négative que si votre esprit y
est ouvert. En ayant une parole impeccable, votre esprit deviendra stérile pour les
paroles issues de la magie noire. A la place, il deviendra fertile pour celles issues
de l’amour.
Vous pouvez évaluer le degré auquel votre parole est impeccable à l’aulne de
l’amour que vous avez pour vous-même. L’intensité de votre amour-propre et les
sentiments que vous nourrissez envers vous sont directement proportionnels à la
qualité et à l’intégrité de votre parole. Lorsque celle-ci est impeccable, vous vous
sentez bien ; vous êtes heureux et en paix.
Vous pouvez transcender le rêve de l’enfer en concluant seule-ment ce premier
accord toltèque : avoir toujours une parole impeccable. En ce moment même, je
sème cette graine dans votre esprit. Elle croîtra ou non, selon le degré de fertilité
de votre esprit aux semences d’amour. Il ne tient qu’à vous de conclure cet
accord : ma parole sera impeccable. Nourrissez cette graine et, à mesure qu’elle
se développera dans votre esprit, elle produira davantage de semences d’amour
qui remplaceront celles de la peur. Ce premier accord modifiera le type de graines
pour lequel votre esprit s’avérera fertile.
Que votre parole soit impeccable. Voilà le premier accord que vous devriez
conclure si vous désirez être libre, si vous voulez être heureux, si vous souhaitez
transcender le niveau d’existence correspondant à notre enfer quotidien. Il est très
puissant. Servez-vous de la parole de façon appropriée. Utilisez la parole pour
partager votre amour. Faites de la magie blanche, avec vous-même pour
commencer. Dites-vous combien vous êtes formidable, combien vous êtes
fabuleux. Dites-vous combien vous vous aimez. Servez-vous de la parole pour
rompre tous les petits accords qui vous font souffrir.
C’est possible. C’est possible parce que je l’ai fait, et que je ne suis pas meilleur
que vous. Non, nous sommes exactement pareils. Nous avons le même genre de
cerveau, le même type de corps ; nous sommes humains. Si moi j’ai été capable de
rompre ces accords et d’en conclure de nouveaux, vous aussi pouvez faire pareil.
Si moi je peux faire en sorte que ma parole soit impeccable, pourquoi pas vous ?
Ce seul accord peut changer toute votre vie. L’impeccabilité de la parole peut vous
conduire à la liberté personnelle, à un succès immense et à l’abondance ; elle peut
supprimer toute peur et la transformer en joie et en amour.
Imaginez un instant tout ce que vous pouvez créer en ayant une parole
impeccable. Vous pouvez transcender le rêve de la peur et vivre une vie
différente. Vous pouvez vivre au paradis au milieu de milliers de gens vivant en
enfer, parce que vous êtes immunisé contre cet enfer. Vous pouvez atteindre le
royaume des cieux avec ce seul accord : que votre parole soit impeccable.