Le stoïcisme partie 5

L’éthique

Sommaire de la section


L’éthique stoïcienne est en accord avec cette physique.

Nous connaissons plusieurs divisions de l’éthique stoïcienne :

« [Ils] divisent la partie éthique de la philosophie en plusieurs lieux : de l’impulsion, des biens et des maux, des passions, de la vertu, de la fin, de la valeur première et des actions, des fonctions propres, de ce qu’il faut conseiller et ce qu’il faut déconseiller. » (Diogène Laërce, VII, 84).

Diogène indique que cette division n’appartient pas au stoïcisme le plus ancien (Zénon de Kition et Cléanthe qui en ont traité, selon lui, de manière plus simple), mais à Chrysippe, Apollodore, Posidonios, etc. Sénèque (Lettres, 89, 14) nous apprend une tripartition de l’éthique stoïcienne :

« […] vient en premier la valeur que tu attribues à chaque chose, en second l’impulsion, ordonnée et mesurée, que tu as vers les choses, en troisième la réalisation d’une convenance entre ton impulsion et ton acte, de façon qu’en toutes ces occasions tu sois en accord avec toi-même. »

Épictète indique trois sujets de l’éthique (Entretiens, III, 2), mais qui se rapportent aux exercices que l’on doit suivre pour devenir homme de bien :

  • les désirs et les aversions : ne pas manquer ce que l’on désire, ne pas tomber sur l’objet de l’aversion ;
  • les impulsions et les répulsions, i.e. ce qui concerne la fonction propre (agir avec ordre, raisonnablement et sans négligence) ;
  • éviter l’erreur et la précipitation, i.e. ce qui concerne l’assentiment.

Les fonctions propres

L’expression fonction propre traduit le grec kathèkon, qui signifie « convenable », « devoir » (officium en latin). Ce mot a été utilisé pour la première fois en ce sens par Zénon, vraisemblablement dans un ouvrage nommé De la fonction propre (Diogène Laërce, VII 107). Selon Diogène, ce terme est dérivé de kata tinas hêkein, « convenir à certains » ; il définit la fonction propre comme une activité qui est appropriée aux constitutions conformes à la nature (Ibid.). Cette notion est le fondement de l’éthique stoïcienne ; en effet :

« Archédème disait que la fin consiste à vivre en amenant les fonctions propres à leur perfection. » (Diogène Laërce, VII, 88).

Stobée (II, 85, 13 – 86) donne cette définition de la fonction propre :

« La conséquentialité dans la vie, quelque chose qui, une fois qu’il a été accompli, a une justification raisonnable. »

Les fonctions propres s’appliquent aux plantes, aux animaux comme aux hommes. Les Stoïciens distinguent deux types de fonctions propres, celles qui sont parfaites, et celles qui sont intermédiaires.

Cicéron, dans Des termes extrêmes des biens et des maux (III), nous livre une analyse détaillée de cette notion par la bouche de Caton. Nous aimons les premiers objets qui sont appropriés par nature ; ainsi préférons-nous que les parties de notre corps soient bien disposées et entières plutôt qu’affaiblies et déformées. Nous savons donc de manière spontanée distinguer ce qui est conforme à la nature de ce qui lui est contraire : le premier penchant de l’homme le porte vers les choses qui sont conformes à la nature. De là, cette distinction : ce qui a de la valeur est en accord avec la nature et, pour cette raison, est digne d’être sélectionné. Le contraire est dépourvu de valeur et doit être rejeté.

La première des fonctions propres est de nous conserver nous-mêmes. Ainsi notre corps se développe-t-il en appropriant ses propres facultés.

Le bien

Les premiers biens sont la santé, le bien-être et tout ce qui peut nous être utile. Mais ce ne sont pas des biens au sens absolu. Le bien absolu se suffit à lui-même, il est le suprêmement utile. Il est découvert rationnellement par notre assentiment spontané à nos inclinations. Et c’est en considérant la nature universelle, en saisissant la volonté de la nature totale à se conserver que l’on comprend le bien comme raison universelle.

La vertu

Pour les Stoïciens, vertu et bien sont identiques. La vertu est désirable pour elle-même et est parfaite : elle est donc atteinte d’un coup, d’une manière complète, i. e. avec toutes ses parties. Ses parties sont, selon Zénon de Citium, des aspects d’une vertu fondamentale, la prudence. Qui a une vertu, les a toutes.

Les passions

Mais les inclinations naturelles se pervertissent, sous l’influence du milieu social, et troublent l’âme : ce sont les passions. Pourtant, si l’âme est rationnelle, toute inclination n’est possible que si elle reçoit l’assentiment de la raison. Comment expliquer les passions ? La passion est une raison irrationnelle, un jugement qui nous dépossède de notre maîtrise : l’habitude et l’éducation nous persuadent par exemple que toute douleur est un mal. Mais ressentir la douleur physique et en éprouver de la peine (mal moral) sont deux choses différentes. Ainsi le stoïcisme montre que les passions sont de mauvaises raisons de croire. L’opposition radicale entre raison et passions qu’on lui attribue n’est donc pas exacte : si les passions sont mauvaises, ce n’est pas en tant qu’elles sont différentes par nature de la raison, mais parce qu’elles sont plutôt des raisons égarées ; à l’inverse, la raison peut-être vue comme une passion droite.

Finalité de l’éthique

La morale stoïcienne peut donc se résumer ainsi :

  • le fondement de la vie morale, c’est la vie des instincts, qui nous font agir suivant l’utile ;
  • la fin de cette morale, c’est de vivre par des choix conformes à la raison universelle : vivre en suivant la nature, puisque tout arrive par la raison universelle.

Le sage

Article détaillé : sage.

À partir de là, les Stoïciens définissent un modèle parfait de conduite, incarné par le sage :

  • le sage choisit ce qui est conforme à la nature ;
  • il accomplit un devoir parfait ; i. e. il accomplit sa fonction propre ;
  • le sage est parfait en toute chose ;
  • tous les autres hommes sont des insensés (stulti en latin)

Il n’y a pas de nuance entre la perfection du sage et le caractère insensé de la vie de tous les hommes. On peut donc dire que le stoïcisme recherche une transformation de l’homme dans sa totalité : un homme purement rationnel, non pas parce que ses passions seraient éteintes, mais parce qu’elles seraient elles-mêmes raison.

La politique

Marc Aurèle

Dans la section sur les divisions de la philosophie, nous avons vu que Cléanthe faisait de la politique une division à part entière de la philosophie. Nous savons également que Zénon de Kition écrivit un livre sur la République particulièrement célèbre et admiré dans l’Antiquité. Plutarque nous en donne une idée par la description du but visé dans cet ouvrage perdu :

« La République, ouvrage très admiré de Zénon, tend à ce point principal unique, que nous ne devrions pas vivre répartis en cités ni en peuples, chacun défini par ses propres critères de la justice, mais que nous devrions considérer tous les hommes comme des compatriotes et des concitoyens, et qu’il y ait un mode de vie et un monde uniques, comme pour un troupeau nourri ensemble dans le même pâturage sous une loi commune. Zénon a écrit cela comme s’il avait brossé le tableau d’un songe ou d’une image représentant une bonne législation et une république philosophiques. » (De la fortune d’Alexandre, 329 A – B).

Influence du stoïcisme

L’influence du stoïcisme sur les cultures grecque et romaine est considérable, rares furent les penseurs antiques à ne pas critiquer cette doctrine.

Cette influence continua même après la conversion de l’Occident au christianisme, certains monastères ayant ainsi érigé le manuel d’Épictète, quelque peu modifié, en règles intérieures.

Le stoïcisme se perpétua aussi à travers des philosophes français tels Descartes, qui déclara que « il vaut mieux changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde »[15], Pascal et, plus proche de nous, Émile Bréhier.

Principales périodes du stoïcisme

  • Ancien stoïcisme (Zénon de Kition, le fondateur, Cléanthe, Chrysippe, …)
  • Moyen stoïcisme (Panétius, Posidonius…)
  • Stoïcisme impérial (Sénèque, Epictète, Marc Aurèle, …)

Nouveau projet !!!!

Nous avons l’intention de créer un forum qui aura pour but « d’aider les âmes en détresse », de prodiguer des conseils en tout genre (philosophique, psychologique, bien-être, et une rubrique qui reprendra d’autre soucis de la vie de tout les jours).

Une partie seulement de cette idée sera payante et seulement sur le « Livestyle coatching » personnalisé, le montant n’est pas encore décidé mais sera dérisoire par rapport à certains autres sites de ce genre.

N’hésitez pas à nous faire part de vos impressions sur cette idée…

Les chefs de la HOME OF EXISTENCE     David & Sabrina

Le thé contre l’épée‏

Un domestique, dans l’antique Chine, laissa
accidentellement tomber une goutte de thé sur le soldat
qu’il servait. Confus, il s’excusa, mais le soldat était
vexé : « Demain, chien, tu viendras te mesurer à moi.
je te donnerai une arme et l’on verra bien si tu es aussi
doué avec l’épée qu’avec le thé ! »

Le domestique n’avait bien sûr aucune expérience du
combat. Il alla donc demander conseil à un ami,
le maître Ketaïo.

Ce dernier l’observait alors qu’il servait le thé.
Il remarqua le front du domestique, parfaitement lisse,
et l’intense concentration qui se dégageait de tous les traits
de son visage alors qu’il faisait couler un mince filet de thé
dans les bols, sans qu’aucune goutte ne tombe à côté.

– « Demain, lui dit Ketaïo, tu devras tenir ton sabre au dessus
de ta tête, comme si tu étais prêt à frapper le soldat.
Regarde-le bien en face, avec cette détermination et ce calme
que tu atteins lorsque tu me sers le thé. »

Le lendemain, au petit matin, le domestique suivit les
conseils du maître. Le soldat était prêt à combattre mais il
se tint sur ses gardes : il observait le domestique, stable
sur ses appuis, serein. Il vissa son regard dans le sien et,
après un long moment, le soldat abaissa son arme, s’excusa
pour son arrogance et quitta les lieux sans se retourner.

Que nous apprend ce petit conte ?
Que dans la plupart des situations, le calme et la
concentration sont des atouts essentiels : vous ne résoudrez
peut être pas tous les problèmes ou les conflits avec
cette technique, mais vous forcerez au moins l’estime de vos
collègues ou de vos proches.

C’est le courage et la détermination du domestique qui
ont stoppé les ardeurs du soldat et non la technique du
sabre ou la violence.

« Si vous êtes perçu comme compétent et capable, vous serez
perçu comme un égal »
L. Von Gruht

La prospérité pour toute votre famille‏

Il y a fort longtemps, un riche propriétaire de Luoyang,
la capitable chinoise du papier, demanda au vénéré patron
des papetiers, Cai Lun, de lui écrire quelque chose sur un
bout de papier, mais pas n’importe quelle phrase :
« une formule positive qui assurera la prospérité de toute ma
lignée et qui nous donnera l’envie de vivre et de nous réjouir ! »

Cai Lun prit une belle feuille en écorce de chanvre et
écrivit. Son poignet avait juste terminé les lentes
circonvolutions, que le bourgeois s’empara du papier et lut :
« Le Père meurt, son fils meurt, son petit fils meurt »

Furieux, il s’emporta: « Cain Lun, je t’ai demandé une
formule qui apporterait joie et prospérité à ma famille et
tu as tracé des lettres de mort. Je devrais te faire couper
les mains pour cela ! »

Le papetier sourit: « ami, ton visage s’enflamme et tu
craches du venin contre le vent. Ecoute: si ton fils meurt avant
toi, ce sera un grand malheur pour toute ta famille. Si ton
petit fils disparaît avant ton fils, ce sera également un
terrible fardeau à porter pour ta lignée. Mais si ta famille,
génération après génération, disparaît dans l’ordre que j’ai
décrit, la vie suivra un cours naturel et l’ordre des choses
sera parfaitement respecté. Car c’est cela la joie et la
prospérité. »

Le bonheur de l’homme ne peut s’exprimer dans le désordre.
Il existe un cours naturel des choses, un sens, un ordre.
C’est dans cet ordre des choses que nous nous inscrivons.
La preuve : une des plus grandes tragédies qui peut nous
frapper est la mort de notre enfant… une disparition qui
n’a rien de naturel car elle survient trop tôt.
Un bonheur, lui, arrive toujours en son temps.

Ce petit conte nous rappelle avec simplicité que la plus
grande prospérité n’est pas dans la possessions des choses
matérielles, mais dans la vie elle-meme.

« Un fleuve ne coule que dans un sens et ne saurait remonter
son cours »
Proverbe grec

La foi vient plus tard

Bonheur

Pour mener une vie heureuse et pleine de sens, l’intélligence humaine, l’altruisme, l’attention portée à l’autrui, devraient être utilisés de manière constructive; L’amour, la compassion et le pardon sont inhérents à la nature humaine; la foi vient plus tard. Avec la foi, on peut mener une vie heureuse et prospère, mais c’est impossible si on ne se soucie pas des autres, si on refuse de s’engager ou d’assumer ses résponsabilités.

Deux aspects de l’altruisme

Altruisme

Il existe deux aspects de l’altruisme. Le premier est la condition qui produit l’altruisme, qui implique la compassion et l’aspiration que chacun doit cultiver pour assurer le bien-être de tous les êtres sensibles. Cela conduit au deuxième aspect, qui est le souhait d’atteindre l’illumunation. C’est pour bénéficier à tous les êtres que ce souhait devrait peu à peu s’éveiller en nous.